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lundi 13 septembre 2010

Retour à Paris

Elles sont partout ! On les avait oublié le temps d’un été passé sous d’autres latitudes ou d’autres longitudes. Mais elles, elles sont encore là, à tous les coin de rue. Oh ! elle et ses congénères ne se cachent pas. Et pour cause : elles sont ici chez elles. Paris en est infesté. Je pense qu’on en compte presque autant que les rats ; mais elles, elles occupent davantage la surface du territoire parisien que ses sous-sols… privilège de leur rang, j’imagine. Aussi, à l’air libre, elles monopolisent l’espace public. Elles s’infiltrent dans le moindre interstice. Souvent solitaires, elles n’hésitent cependant pas à se déplacer en meute, notamment pour les activités de loisirs. Il faut bien voir que leur fonctionnement cognitif est ainsi fait qu’il leur permet de considérer le shopping comme un loisir. Et il semblerait selon une étude récente que la densité, la chaleur et le bruit qui accompagnent ce genre d’activité ne soient pas considérés comme des éléments perturbateurs qui amoindrirait le plaisir pris dans l’achat d’un boléro non soldé, mais « très bien pour aller avec mon pantalon beige ». On rappellera au lecteur que l’optention dudit boléro résulte d’une triple attente (activité qu’elles affectionnent particulièrement, car elle leur donne une bonne raison de faire la gueule) : Première attente pour accéder au portique sur lequel il est suspendu. Deuxième attente pour entrer dans l’une cabine d’essayage que le prix du mètre carré parisien a transformé en luxueuse rareté. La troisième attente pour avoir le droit de se délester en caisse du montant en Euro des articles sélectionnés. Se sent-elle mieux après un achat ? Devient-elle agréable ? Esquisse-t-elle un sourire ? Non ! Elle marche, seule ou avec une de ses congénères. Le pas est ferme, le menton haut, le regard loin et les intentions faussement bienveillantes. On l’appelle communément « la parisienne » ; enfin c’est ainsi que la nomme le grand Larousse ; substantif que ne vient nullement contester le petit Robert.
Malheureusement, aucun dictionnaire ne donne d’indication sur la manière d’éradiquer ce fléau tenace.
Alors quittez Paris: Fuyez !
Ou si vous restez...
… Bon courage !

mardi 29 juin 2010

Prendre l'avion.

Les rituels du transport par voie aérienne sont connus de tous ceux qui en ont fait l’expérience. Ce sont des choses dont on se rappelle très précisément parce qu’elles vont à l’encontre de toutes nos habitudes. : pour quelques heures de notre vie, nous acceptons de remettre les clés de notre destinée à un pilote d’avion. C’est au moment où l’on donne son numéro de carte bleu que tout est joué, même si on ne le réalise pas à ce moment là. Tout devient plus concret à l’arrivée à l’aéroport. On y arrive par voie terrestre : route ou rail. Ah ce qu’on est bien les pieds sur terre. Soudain, on les voit en pleine action ces aréopages : ils décollent, ils atterrissent. Ils ont l’air si léger. Ils se posent sur la piste avec la grâce d’un albatros qui longe l’eau pour y puiser poissons. Même le décollage n’apparaît pas comme un arrachement, mais comme l’envol d’un flamand rose en pleine Camargue sauvage. Et le ballet semble infini : décollage, atterrissage, décollage, atterrissage, comme une grande farandole.

Vient notre tour. Enregistrement des bagages. Passage des portiques de sécurité. Présentation aux portes d’embarquement. Montée dans l’avion. Bonjour au commandant de bord et au « reste de l’équipage » qui ne tardera pas à nous souhaiter un agréable voyage en leur compagnie. La déclamation des consignes de sécurité qui est toujours d’un comique efficace. Et puis il y a toujours ce délicieux moment où l’on nous apprend qu’en cas de dépressurisation de la cabine des masques à oxygènes tomberont et qu’il faudra tirer dessus pour qu’ils fonctionnent. Avec cette précision d’une sublime cruauté : « Veillez à disposer votre masque à oxygène avant d’aider les enfants qui seraient à vos cotés ». Puis c’est la ceinture de sécurité « jusqu’à l’extinction de la consigne lumineuse ».

Bref, jusque là tout va bien. Le décollage s’effectue. Et là les choses sérieuses commencent : la bouffe. En ce qui me concerne, lorsque intervient ce moment privilégié, je suis tiraillé par un double sentiment de jouissance et de déception. Quelle que soit la classe où je me trouve d’ailleurs. Jouissance d’abord parce que je ne puis m’empêcher de trouver ça extraordinaire de se voir servi un repas « chaud » alors qu’on file à près de 900km/h à une dizaine de kilomètre d’altitude. Pour moi c’est du domaine de la prouesse. Alors être là, quiché dans mon fauteuil à attendre la bouche en cœur qu’une dame vêtue d’un foulard bicolore autour du coup m’apporte des victuailles… cette situation m’emplit de joie. Et bien souvent, je constate que je suis le seul à accueillir avec chaleur le « personnel de bord ». Mais derrière ce sentiment, il y a toujours la constatation du désastre culinaire, du Waterloo gustatif, du juin-40 gastronomique. Même au plus profond de mon enfance, lorsque insouciants nous nous amusions dans la cour de récréation de l’école maternelle et primaire, je n’affectionnais pas le moins du monde de jouer à la dînette. Il va sans dire que c’est encore le cas aujourd’hui que je fais un mètre et 50kg de plus. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : jouer à la dînette. Le tout étant corsé par les secousses qui remuent l’avion de temps à autre et par le périmètre restreint du plateau sur lequel gît le repas. Lequel plateau étant habilement posé sur une tablette dépliable qui sort comme par magie de l’accoudoir. Bref, je défie quiconque de parvenir à se nourrir sur un tel château de cartes, sans provoquer de catastrophe. Et lorsqu’une catastrophe intervient, le pire est encore à venir : comment réparer la catastrophe sans faire empirer la situation. Autrement dit, comment, dans un espace aussi confiné, est-il possible de ramasser un petit poix tombé à ses pieds, sans renverser son jus d’orange ?

Puis le vol se poursuit, tout en perturbations, ceinture, queue aux toilettes, ceinture, lecture, extinction de la consigne lumineuse, tentatives d’endormissements ratées, mais tentatives réussies pour son voisin de gauche qui vous bave sur l’épaule adjacente. « Préparez-vous pour l’atterrissage ». Atterrissage. Attente. Sortie… Et… et l’essentiel…

Attente devant le tapis roulant qui fait défiler les bagages disposés en soute. Les valises sortent comme les numéros du loto. Certains ont du bol et choppent la première valoche qui sort, d’autres attendent une heure (oui une heure), d’autres sortent perdant et rentrent bredouilles, comme des maillons faibles, au revoir. Et tout le monde connaît cette règle, c’est la raison pour laquelle personne n’est vraiment détendu pendant cette ultime phase du voyage. Sauf les enfants qui crient partout. Alors nous on attend, patiemment. D’ailleurs, il arrive toujours un moment où l’on se dit que c’est perdu. Après 30 minutes, quand la majorité des passager s’est fait la malle… on commence à se sentir mal. Personnellement j’en viens toujours à penser que quelqu’un est parti avec ma valise et que j’attends pour rien. C’est long, long, long. D’autant plus long qu’inutile. On égrène toutes les choses indispensables qui se trouvent dans le bagage tant attendu. On se dit qu’une indemnisation au kilo ne fera pas le poids et qu’on perdra beaucoup de temps et d’argent à l’affaire. On se résigne. Augustes face à notre destin, on finit par regarder partir les autres sans jalousie. Puis, on veut faire diversion. On passe quelques coups de fil, on écoute de la musique. Mais la réalité et là, devant soi, matérialisée par une absence de valise. Un non-bagage qui ne tournicote pas sur le tapis roulant comme les affaires des autres passagers. Pourquoi moi ? On se le demande ça, hein. Mais pourquoi moi ? Voire, pour les adeptes de blasphèmes : Mais qu’est-ce que j’ai bien pu faire au bon Dieu pour… etc. Est-ce une vengeance quelconque ? Et puis au bout du bout, il y a le miracle qu’on n’attendait plus. La valise finit par apparaître, comme la Sainte Vierge devant Bernadette. On la sert contre soi. On lui jure que plus jamais on ne se séparera d’elle. Puis on la fait traîner derrière soi sans plus d’attention qu’à l’accoutumée, parce que bon, c’est pas tout, mais nous on a un métro à prendre pour rentrer à la case.

mercredi 3 février 2010

Quête du Graal. Episode I.

Je me souviens quand j’étais petit, en colonie, y’a un de nos moniteurs qui avait perdu sa montre Boss lors d’une ballade en forêt. Il était plutôt mécontent, pour le dire poliment. Alors le lendemain on avait tous refait le même trajet et il nous avait dit de regarder un peu par terre si toutefois on ne retrouvait pas sa putain de montre. Alors on s’était tous mis en ligne, et on avait marché, marché. Les plus téméraires remuaient tous les fourrés des fois que ladite montre s’y fut fourrée. Les plus fainéants regardaient leurs chaussures en avançant et faisaient mine d’écarter trois branchages lorsque le moniteur s’approchait. Face à l’échec de nos recherches le pauvre homme déballa l’artillerie lourde et nous sortit une carotte plus grosse que lui. Ce que je veux dire par là c’est qu’il promit une récompense à qui trouverait son cher bijou de famille. Enfin, ce que je veux dire par là c’est qu’il a trouvé un moyen imparable pour motiver ses jeunes troupes. Qui retrouverait sa montre serait récompensé d’un cadeau. Et c’est là que le bât blesse. Alors que nous bavions tous en attendant de savoir de quoi il retournait, eh bien il ne retourna de rien de bien follichon. Pour tout trophée à de nombreuses heures de recherche, l’heureux gagnant se voyait offrir deux boules de glace.

Voilà ! Fin de l’histoire. Je peux juste vous dire que 99% des 13 enfants qui composaient le groupe étaient ravis de cette arnaque. Il n’y eut que moi pour ruminer intérieurement combien je trouvais la récompense incommensurablement minable au regard de l’enjeu qui se montait à plusieurs centaines de francs français. Oui c’étaient des francs à l’époque. Ah, et tiens ! Puisque nous y sommes. Petit point technique avant de poursuivre. N’essayez pas de vous livrer à un produit en croix mêlant 99, 100 et 13. Vous ne parviendrez pas à un nombre rond d’enfants. C’était histoire de donner un ordre de grandeur dans l’absurdité de la chose. Etais-je le seul à penser cela, ou bien est-ce que tous les autres enfants le pensaient aussi et feignaient de sauter de joie pour je ne sais quelle raison… pour faire croire aux adultes qu’ils sont bien stupides et dociles. Mais tout de même, un instant de lucidité, merde. De nos yeux d'enfants... cette recherche de la montre magique, c'était d'une importance au moins égale à une quête de Graal. Or c'est bien plus que deux misérables boules qui étaient promises au Roi Arthur en cas de succès. Il s'agissait quand même de la vie éternelle, quoi. Alors merde. Fuck les deux boules. Les deux boules, pour le Roi Arthur, c'était une mise en bouche quoi, un vulgaire apéritif, pas une fin en soi. Nous on nous a vendu les deux boules comme l'aboutissement de la longue quête. Je suis désolé, mais non. Non!

Pourquoi cette histoire maintenant ? Quel rapport avec la choucroute ? Et quelle morale en tirer ? Eh bien tout ça pour dire que parfois on nous prend pour des cons et que comme personne ne le dit, on finit par se sentir seul et on se pose LA question qu’il ne faut jamais se poser.
Suis-je fou ou bien est-ce tout le monde autour de moi qui est fou ?
Cette question, autant que possible, il convient de la bannir de ses pensées. Elle est mortelle. Alors, devant la folie du monde, devant le tohu bohu post-moderne qui nous entraîne dans son délire, il nous faut quelqu’un/quelques uns pour dire en mots intelligibles ce qui se passe. C’est aussi simple que cela. Sans cela, face à l’absurdité du monde et face au silence de ses contemporains, la fourmi que nous sommes n’a plus qu’à se jeter du haut du trottoir…

mardi 2 février 2010

Comment enchaîner trois feux verts et gagner du temps !

Certains voient dans les rituels qui rythment nos vies quelque chose de rassurant. J’y vois quelque chose de profondément angoissant. Métro-boulot-dodo, une femme, deux enfants, un plan épargne retraite, une mutuelle, une sur-mutuelle, une assurance tout risque, des ennuis malgré ça, voire des grosses emmerdes, une nounou pour pouvoir aller au cinéma le samedi soir pendant que les gosses regardent Patrick Sébastien, une carte fidélité carrefour, un monospace Renault parce que c’est mieux pour l’industrie française, un crédit immobilier, un crédit auto, un crédit pour refaire la terrasse, un crédit pour payer le crédit… Une vie toute tracée en somme en plus d’être une vie à crédit. Parce qu’il ne faut pas se leurrer une fois que t’as tout payé les crédits bah… il ne te reste plus qu’à mourir. Et t’emportes pas ton F5 au paradis. Tout au plus as-tu la satisfaction de le laisser à tes mioches, les ingrats héritiers. Ils le revendront à la première occasion, en reverseront la moitié à l’Etat et utiliseront le reste pour partir au soleil et payer la pension alimentaire de leur ex-femme partie avec les gamins à la première engueulade venue. Oui car ils seront divorcés. Ah ! cette question de l’engagement… Comme si on ne pouvait pas faire des réunions de travail avec sa secrétaire à l’hôtel Ibis de Châteauroux de 14 à 15h… Et puis quelle idée de ne pas s’apercevoir qu’on était suivi depuis la sortie 18 de la N42 par une 205 louche. T’aurais pu le reconnaître ce type, c’est quand même ton beau-frère. Enfin c’était. Bref, tout ça pour dire qu’à la seconde où tu lui as passé la bague au doigt, tu mettais un pied dans la tombe. Au premier gosse, tu mettais le deuxième pied. Et au premier balbutiement du dernier bambin, tu avais de la terre jusqu’aux genoux, jusqu’aux hanches même. Façon sable mouvant. Le sable en moins.
Si l’on connaît la direction, quel intérêt de faire le voyage ? Au fil du temps qui passe, au mieux on est déçu (nos attentes sont toujours trop grandes !), au pire on est mort. Elle est belle l’alternative. Comment concevoir une existence où l’on passerait plus de temps avec ses collègues qu’avec les gens qu’on aime ? (D’où l’idée d’épouser sa secrétaire ?) Ou alors on ne vit que pour ces deux trois instants d’ivresse dans le semestre, à la discothèque de l’Amnesia de Joinville-le-Pont. D’une part c’est peu (et médiocre). D’autre part, comme son nom l’indique, on oublie aussitôt consommé. Donc zéro plus-value ! Fichtre !

Cela fait 3 mois maintenant que je fais le même parcours pour aller au boulot. Pardon de le dire ainsi, mais ce n’est plus possible. C’est juste mortel ce genre de chose. Mêmes heures, mêmes endroits, mêmes actions. Même but. Même trajet en sens inverse, le soir. Non, non, non. Entre le métro et l’entrée du travail il y a 3 rues à traverser. Ce qui veut dire 3 feux de signalisation. J’en suis à connaître par cœur la façon dont ils sont organisés. En gros (je vous résume), si j’ai le vert au premier, je l’ai aussi au second, mais j’attends un maximum au troisième (relou). Alors que si je passe à la fin du vert au premier, j’ai le rouge au second puis le vert (mais ric-rac) pour le troisième. Donc la solution à tout ça (tenez-vous bien et couchez les enfants), c’est de chopper le rouge au premier (oui le rouge, dès le départ), puis la fin du vert au deuxième et là banco, le troisième feu passera au vert PILE lorsque je mettrai le pied gauche sur la chaussée. Et dire que cela constitue une joie en soi. Non, pardon, désolé, mais moi je ne peux pas m’y résoudre. Certains choisissent de ne jamais se poser, c’est le cas du personnage interprété par George Clooney dans In the Air. D’autres choisissent la sur-sédentarité. Existe-t-il un juste milieu ?

Car la sur-sédentarité, merci bien ! Oh certains adorent. Ils sont rassurés par leur connaissance précise des paysages qu’ils traversent. Ils fendent un espace qui leur est familier et qui les épargne de toute mauvaise surprise. Oh, il y a bien quelques événements inattendus qui ponctuent leur trajet. Une merde qui barre le trottoir, une vieille au chignon rigolo, une plaque de verglas qui fait tomber un cycliste, un chauffeur de métro plus déprimant qu’à la normale, un clochard qui a changé de place, une vieille bourgeoise qui s’accroupit sur un trottoir pour mieux pouvoir se maquiller face à un rétroviseur de voiture. Il y a tout ça. Et c’est la seule façon de savoir que l’on ne vit pas EXACTEMENT la même journée qu’hier. Parce que parfois on en est rendu là. Le jour sans fin. Un enchaînement irrépressible d’événements connus. Moi il m’arrive de savoir exactement ce que va faire la demoiselle en face de moi dans le métro. À quelle station elle descend. Quel livre elle lit. Quel parfum elle porte. Elle va au travail aux mêmes heures que moi. C’est un pur hasard. Nous partageons 4 stations de métro à l’avant de la ligne une. Et j’en sais plus sur elle sans lui avoir jamais adressé la parole que sur tant d’autres à qui je parle. Par ailleurs, l’envie de lui parler est totalement absente. Pour se dire quoi ? Pour être convivial ? Et si elle n’était pas du matin, elle serait désagréable. Peut-on s’adresser à autrui sans motif valable ? Sans cause à défendre ? Sans idée derrière la tête ? De manière désintéressée ! Simplement pour dire bonjour. Pour dire, tiens, voilà, nous sommes à côté et parlons la même langue alors… parlons. Je crains que non. À quoi bon ? Et pour ceux qui ne sont pas musicien, ni écrivain et qui ont quand même des choses à dire. Ils sont nombreux. Comment font-il ? Les rockeurs sans guitare, les poètes à la feuille blanche… corps sans âme ? Autant jouer du violon dans le désert, au moins la musique qui en sort s’envole et on peut toujours avoir l’espoir que quelqu’un l’entendra par delà les vents. À Paris, tout le monde court (vers où ?) et t’as beau crier, personne ne prendra le temps de se mettre en retard pour t’écouter.

mercredi 27 janvier 2010

Aujourd'hui, j'ai vu

Aujourd'hui j'ai vu Noël Mamère en vélo s'arrêter à un feu rouge
et je me suis dit que finalement tous n'étaient pas pourris, puis ça m'a passé
Aujourd'hui j'ai vu un homme avec des cheveux vert pomme retirer des billets au DAB
et je me suis dit que DAB était une drôle d'abréviation
Aujourd'hui j'ai vu un aveugle choisir des chaussures en soldes
et je me suis dit qu'en deuxième démarque, vu le prix, on avait le droit à l'erreur
Aujourd'hui j'ai vu un rat courir sur les rails du métro
et je me suis dit que c'était peut-être nous les rats et lui l'humain
Aujourd'hui j'ai vu deux personnes renoncer à entrer dans une rame de métro alors que le "bip" sonnait encore
et je me suis dit qu'il restait tout de même dans cette ville quelques personnes qui étaient moins pressées que les autres
Aujourd'hui j'ai vu une vieille dame très très vieille entrer dans une salle d'attente de docteur et clamer à la personne qui la suivait "viens maman"
et je me suis dit que parfois on pense être vieux et que non!, il y a encore plus vieux
Aujourd'hui j'ai vu Paris pleurer de froid
et je me suis dit que c'était rigolo tous ces panneaux municipaux avec écrit à minuit: 0° - 00:00
Aujourd'hui j'ai vu un oiseau s'arrêter de chanter parce qu'il a pris conscience qu'il chantait pour rien
et je me suis dit qu'il est des choses belles qu'on se doit de faire, simplement pour la beauté du geste et l'amour de l'art
Aujourd'hui j'ai vu une personne trépigner dans le froid en cherchant le code d'entrée à composer sur le digicode
et je me suis dit que certaines personnes ne connaissaient aucun digicode et ne trépignaient plus, mais simplement déroulent leur malheur sur un carton
Aujourd'hui j'ai vu un clown en tenue dans la rue
et ça m'a fait rire
Il parlait des choses qu'il voyait et je me suis dit qu'il ne les voyait pas comme je les vois et que au moins lui, il amusait les gens avec sa vision du monde, quand d'autres nous ennuient tant avec la leur.

lundi 25 janvier 2010

Beautés... destins...

25 janvier 2010, le premier jour du reste de ma vie

En ce jour où tout commence, je parlerai de tout sauf de la reprise en main de ma destinée.

Nous sommes un lundi. Depuis quelques jours, une armée de mannequins à la beauté débile remuent leur quille jour et nuit, un peu partout. Surtout dans les beaux quartiers. Pris séparément ou noyés dans un groupe de « gens normaux », on ne les verrait guère. Mais là, attroupés, migrant en banc, buvant en troupeau, ils n’échappent pas à notre attention. Ils ont la démarche chaloupée, la jambe légère, le teint diaphane. Oh, bien sûr les traits sont droits, la peau immaculée, les yeux sont grands. Tout renvoie aux critères actuels de la beauté et de la jeunesse tels que les créateurs de mode se les représentent. Le plus fascinant reste tout de même cet incroyable don pour capter la lumière et la restituer dans un halo christique. On leur donnerait le bon dieu en confession. Et on leur donnerait bien davantage d’ailleurs. Oh, il serait facile de gloser sur leur prétendue bêtise. Il est confortable de s’imaginer que le bon dieu (justement lui) donnerait à chacun alternativement beauté ou intelligence ou aucun de deux, mais jamais les deux. Ce serait ignorer que l’essentiel n’est pas donné d’avance et résulte de l’interaction qui opère (ou pas) entre deux êtres et que d’aucuns appellent le charme. Certains n’ont rien, d’autres ont tout. D’autres ont rien puis tout. D’autres ont tout puis rien. Et dans tout les cas, tout le monde finit par ne plus rien avoir. D’aucuns appellent ça la mort…

On parle de beauté et de mort. Alors oui ce sont deux concepts incompatibles. On peut avoir l’un puis l’autre, mais jamais l’un et l’autre. En la matière le temps est un ennemi plus qu’un allié. À chacun sa limite… c’est le fameux « à partir de 30 ans c’est le début de la fin ». On notera au passage que ladite limite est repoussée au fil des ans et des décennies comme un horizon que l’on atteint jamais. Ou plutôt comme un horizon que l’on sait avoir dépassé que longtemps après l’avoir dépassé. Rares sont les grands-mères qui estiment à 70 ans qu’elles sont en pleine force de l’âge. Et voyez au passage comment je dis grand-mère et pas vieille dame dans un but d’attendrissement. Je revois la femme à son rôle maternel et même grand maternel. Tout ceci est probablement extrêmement subversif. Peut-être opéré-je un retour en arrière en matière d’émancipation de la femme. D’ailleurs là encore, c’est la même chose, l’horizon n’est jamais atteint…

Je perds le fil de mon semblant de propos…

Mannequins… beauté… mort… Forcément ça évoque BB. La Bardot qu’on voit dévaler comme une tigresse dans un couloir, armée d’une laisse pour chien avec chien au bout. Et qu’on voit tomber dans le bras de Gainsbourg. Je parle ici bien sûr du film de Joann Sfar sur le grand Serge. Tout n’est pas réussi dans ce film. (Mais tout peut-il toujours l’être ?). Il apparaît parfois comme décousu. Qu’importe. Scène après scène, nos sens adhèrent à la poésie écorchée de Gainsbourg. Gainsbourg qui plaisait autant aux bourgeois qu’aux cochons, autant à l’étudiant dans sa chambre de bonne qu’au père de famille dans son 5 pièces-cuisine. Combien sont-ils ceux qui ont réussi à plaire au grand nombre en restant entier, en restant eux-mêmes. Ne tombons pas dans l’angélisme imbécile, mais affirmons ce qui est : ce qui manque le plus à notre époque c’est exactement ça. Une figure, ou des figures qui s’expriment dans le génie de leur art et qui disent les choses, telles qu’elles les perçoivent, sans craindre la critique, sans avoir peur des conséquences. Une civilisation du risque zéro est une civilisation de l’amusement zéro. « Va vers ton risque… ».

Et si ce risque, cette tension intérieure… si ce tourbillon créateur est un abîme de douleur, eh bien soit. Dieu merci, rien n’a retenu Depeche Mode de se laisser aller à ce sombre tourment. On était 17 000 le 21 janvier dernier à leur crier notre amour. Eux ont jouer leurs morceaux, simplement, mais fortement. Dave Gahan a fait ce qu’il a pu avec son organe vocal : addictions passées, avancement de la tournée et age n’ont pas aidé à propulser une voix limpide sous les hauts volumes de Bercy. Peu importe. Pour la voix on a eu de belles ballades interprêtées par Martin Gore. Eh puis le grand Dave (pas celui de Vanina, hein ?, l’autre), eh bien oui, le grand Dave Gahan, sur Enjoy the silence n’a même pas eu à chanter les refrains... son public s’en est chargé pour lui. Il est fidèle et connaisseur ce public qui goûte chaque chanson à sa juste valeur. L’apothéose attendue parvient tard, au moment du bouquet final, au moment des rappels. Ils terminent par un magnifique Personal Jesus, mais avant cela, ils entonnent un hypnotique Behind the Wheel. Qu’on m’arrête tout de suite. Que quelqu’un vienne soulever ma plume. Je pourrai en parler des heures de cette chanson. Et après ces heures de palabres, que resterait-il ? Il ne resterait rien. Il faut simplement l’entendre et même l’écouter cette chanson. Comme tout chef d’œuvre, elle est hors du temps. Elle se termine comme elle commence. Elle est une chanson sans fin, un cycle ininterrompu. Une force de la nature. Inarrêtable. Et pourquoi voudrait-on l’arrêter ? Moi je ne l’ai pas arrêtée en tout cas. A tel point qu’elle semble couler dans mes veines aujourd’hui… D’aucuns (toujours les mêmes), me diront que je risque l’over-dose. Et je répondrai bien évidemment que oui. Et que je vais vers mon risque. Parce que c’est la seule façon de vivre. Assis dans un fauteuil Louis XV, on ne vit pas, on meurt les yeux ouverts. Et l’on ne prend conscience de son agonie que lorsqu’elle parvient à son terme, ou même peut-être qu’une fois au-delà. C’est le même horizon qui avance, avance, avance jusqu’à ce qu’on réalise qu’il est derrière.

La question ne réside pas dans la vitesse de notre marche. On peut courir vers son horizon. On peut marcher vers lui. On peut parvenir à le dépasser et à vivre sa vie comme un rêve éveillé. On peut n’y parvenir pas. L’essentiel réside dans ce vers quoi l’on porte son regard. Au fond le vers de terre qui aura pris le temps de lever les yeux vers l’étoile de ses rêves ne sera-t-il pas plus heureux que la belle étoile qui aura passé sa vie à regarder sa branche cassée?

mercredi 5 août 2009

Obama, vous et moi...


Il s'agit de Barack Obama à 25 ans. Il ne sait pas encore qu'il deviendra Président des États-Unis. Il a l'air d'être quelqu'un de normal. Il est certainement ambitieux. Le révèle-t-il à son entourage? Probablement pas.

Dès lors, cette question: avons-nous un Barack-Obama-en-devenir dans notre entourage?
Statistiquement, il y a peu de chances.
Mais si tel est le cas. Si l'on sent qu'on a un Barack Obama dans son entourage. Que faire?
Rester calme. "Act natural". Prendre plein de photos. Multiplier les souvenirs communs. L'idéal étant quand même de trouver un moyen (ou un autre) de lui sauver la vie. Si possible réaliser un cliché ou une vidéo de la scène mythique. Obtenir (de la part de l'intéressé) des remerciements écrits, datés et nominatifs.

Il est quand même difficile de s'imaginer que les grands de ce monde sont des personnes comme tout le monde. Et pourtant ils sont des personnes comme tout le monde. Ce qui ne veut pas dire que toutes les personnes comme tout le monde pourraient occuper les postes les plus prestigieux. C'est donc bien qu'il y a une différence. Au même titre qu'Hitler était un être humain et pas un Lucifer sorti des entrailles de la Terre, Obama n'est pas un Messie II. Enfin un Messie III (la revanche), compte tenu du fait que le Christ fut un Messie I par sa naissance à Nazareth, et un Messie II (le retour) par sa résurrection à Jérusalem.
Amen.

mardi 4 août 2009

Recule, recule, recule... Prisme lunaire !

Vu d'ici on aurait presque envie de se dire que si tous les hommes se tenaient par la main... Ils éviteraient de se mettre sur la gueule.

Zola, L'Oeuvre: "Quand la terre claquera dans l'espace comme une noix sèche, nos oeuvres n'ajouteront pas un atome à sa poussière"

vendredi 31 juillet 2009

On n'y comprend plus rien ma bonne dame

Dans les années 80, c'était facile. On pouvait encore comprendre le monde. Aujourd'hui... Aujourd'hui, on ne peut plus. C'est comme ça. Voyons-voir...

DANS LES 1980s...
1° On sait où on va:
Français, dans les 80s, on appartient au bloc de l'Ouest (capitaliste/économie de marché) qui s'oppose au bloc de l'Est (communiste).
Les chefs d'État des principaux pays se font tous réélire et forment donc une joyeuse troupe aux visages connus sur toute la décennie: Reagan (le cow-boy), Thatcher (Black Mamba ou Dame de ferraille), Kohl (la grosse kartofeln), Mitterrand (le grand), et même jean-Paul II (l'oriental).

2° Médiatiquement, c'est pas le bordel. Hyperpuissance télévisuelle:
- Gros canaux traditionnels mainstream type TF1. Une émission (en direct) comme "Le Jeu de la vérité" animée par Patou Sabatier ou le "Champs Élysées" de Michou Drucker réunit 20 millions de téléspectateurs, autant dire que toute la France regarde. Y'a quelque chose de rassurant là-dedans. C'était toujours les mêmes invités, bien franchouillards. Certains faisaient rire comme personne aujourd'hui: Coluche, Desproges, les Bronzés et tous les films avec Pierre Richard dedans.
- Ouverture de nouveaux canaux
Pour l'information, c'est CNN: qui donne l'illusion que la terre n'est qu'un village global
Pour la musique c'est MTV qui donne le la: la planète danse sur les mêmes clips: Michael Jackson règne en maître

AUJOURD'HUI...
Y'a 6 893 chaînes de télévisions, y'a google actualités, y'a toutes les radios et webradios possibles et imaginables, mais y'en a pas une seule pour nous expliquer le merdier dans lequel on vit.
Alors oui, y'a facebook: la toile ! Tout le monde peut joindre tout le monde. On peut se poker, s'ajouter en ami, se taguer, c'est très amusant. Mais ça ne fait pas avancer le schmilblik. Pour peu qu'on ait l'application sur i-phone, on est informé en temps réel d'un attentat en Inde par un ami sur place et de la mort de Michael Jackson à la seconde même où sa seconde paupière se ferme.

C'est un fait, on sait tout plus vite. Mais au fond que sait-on? Où vit-on? Où va-t-on?
L'Ouest l'a emporté sur l'Est. Se sont donc totalement globalisés: Capitalisme, économie de marché, société de consommation.
Existe-t-il un projet de société alternatif? Sûrement. Est-il réalisable? Je ne sais pas. Alors on fait quoi? Des réformettes à la marge? Des Facebook flash-mobs (rassemblements éclairs organisés par internet/facebook) pour dire notre amour à feu King of Pop?

Et toi, si t'étais président, tu ferais quoi? ... coincé que tu serais entre mille contraintes inextricables:
La dette (qui interdit toute politique budgétaire)
Le réchauffement climatique (qui impose une mutation des comportements individuels et collectifs)
Les engagements européens (qui suppriment toute politique monétaire, limitent toute politique budgétaire et encadre bon nombre de domaines)
Le fort taux de chômage (insupportable)
La concurrence de la Chine et consorts (qui font pression sur les emplois et les salaires)

Alors on fait quoi?
On garde le sourire, on tend la main et on fait le bonheur autour de soi, et on continue de chercher la solution.


PS: En ces périodes troubles, j'envie les croyants qui, eux au moins, ont une bouée. Les autres font la planche. Les plus maladroits boivent la tasse.

mercredi 29 juillet 2009

Vacances à Paris

Paris est à nu. La capitale est comme un poisson sans chair, l'arrête à l'air. Les parisiens ont déserté et ceux qui sont restés, déconcertés, mènent une vie de touriste. Alors Paris devient une ville à vivre. Une ville à voir. Une ville au temps plus lent. Place après place, sur les terrasse on s'entasse, sous le soleil on se prélasse, rien ne se passe, et seules, devant nous... quelques pétasses... se déplacent! Au bureau, pas de boulot. À la machine à café, les absents prennent toute la place. Dans le métro, chaque popotin trouve un strapontin. Et ça, c'est bien. Le temps de rien. Le temps retrouvé. Le temps d'une madeleine à la Madeleine. Le temps d'un coca à Opéra. Le temps d'une noix de coco à l'apéro. Le temps et l'espace. Place à l'espace. Les coudées franches pour un pique-nique sur les quais. Une soirée de ciné sur l'herbe verte de la Vilette. Et n'oublions-pas que Paris-plage. Alors nous aussi, nous Paris-plageons. Ho, c'est pas Saint Trop. Qu'est-ce qu'il allaient s'imaginer? En tout cas, c'est toujours mieux que la gomme du pneu couinant sur le bitume en fusion. On est bien ici. Les touristes sont perdus derrière leurs cartes en 4 par 3 et jurent qu'habiter pareille conurbation confine à la folie. Alors que c'est l'inverse: n'habiter pas pareille conurbation est pure folie. M'enfin... chacun sa croix et... Paris pour tous...

samedi 4 juillet 2009

Chronique des enfers. Épisode 2. Hold Up télévisuel: Plus personne ne bouge !

Été 2009: Les avions tombent à la pelle (Rio; Comores), les trains déraillent (Cahors), les planeurs se crashent (Barcelonnette), les voitures s'accidentent, les piétons se font renversés, et je ne parle même pas des deux-roues...
Alors que faire?

- Rester chez soi? pour mourir d'une crise cardiaque comme Michael jackson... Non, merci. Si les stars n'en sont pas protégées (avec médecin à domicile), alors nous, pauvres anonymes, sommes encore moins à l'abris. Et puis si on mange mal, ou trop salé, ou trop sucré, ou trop de viande, ou de l'alcool, ou de l'eau du robinet... etc. etc. il paraît que c'est le cancer assuré. Et puis de toute façon chez soi on meurt d'accident domestique ou d'ennui...
- Rester chez les autres? Non, car notre Chez-les-autres est le Chez-soi des autres, alors le problème est le même.

Conclusion: Je vous conseille de rester en extérieur, avec un bouquin. Mais pas sous un arbre, afin de réduire les risques de foudroiement.

vendredi 20 février 2009

Are we there, yet?

Dis tonton, pourquoi elle a un gros nez la dame?
Dis tatie, y'a quoi après la mort?
Dis maman, ailleurs, c'est où?
Dis mamie, c'est quoi l'amour?
Dis papy, pourquoi la dame elle reste sur le côté de la route dans sa voiture avec les jambes par la fenêtre?
Dis papa, c'est quand qu'on arrive?


Ce sont des questions d'enfants. Elles nous embarrassent.
D'accord.
Soit.
Mais l'essentiel est ailleurs...
Enfant, nous les avons posé ces questions. Mais, maintenant que nous sommes adultes, avons-nous seulement un début de réponse? Pas sûr.

Pour ce qui est des questions métaphysiques, je pense que la plupart d'entre nous rame à mort. Après la mort? Heu, eh bien je ne sais pas chéri, après la mort tu as le choix, c'est la putréfaction ou l'incinération. Et l'âme, l'âme... eh bien, allez, ne dis pas de bêtise et fais ta prière, on ne sait jamais.

Pour les autres questions, c'est pas forcément plus facile.
Quand est-ce qu'on arrive... Bah la plupart du temps nous l'ignorons, et c'est ce qui fait la beauté du voyage, non? Sur un billet de train SNCF ils mettent bien l'horaire l'arrivée, mais l'expérience nous a appris à prendre ça comme une indication susceptible de subir une rallonge d'une minute à une heure. Certains, parfois, arrivent même le lendemain, chéri !

Il reste la question cruciale du le nez de la dame. Pourquoi est-il gros? C'est une question qu'on a fini par oublier. Par faute de réponse je pense. On finit par se dire que c'est comme ça. Plus tard on nous parle génétique, ADN, gamètes et tutti quanti. Mais ça reste dégueulasse pour la dame de se coltiner un nez pareil. Pourquoi elle? Elle a été méchante? C'est pour la punir qu'on la prive du plaisir simple et évident d'être regardée droit dans les yeux et pas droit dans les narines. Finalement ça pose bien la question métaphysique. Si un Créateur a fait ça, il faut qu'il rende des comptes.

Quant à la dame dans sa voiture, à l'ailleurs, à l'amour...
Les questions s'entremêlent. Peut être que la dame, si elle avait connu l'amour elle serait ailleurs, avec un mari, qui sait? Ailleurs, c'est partout sauf la voiture. L'Amour c'est partout sauf dans la voiture. Et la dame elle est partout sauf ailleurs.

samedi 14 février 2009

Comme dit Tina Charles: I Love to Love !

Depuis que le calendrier est de ce monde, l'on aime à prendre un jour et à y attribuer tout un tas de célébrations plus ou moins collectives, plus ou moins corporatistes, pour que la plèbe se rassemble derrière un étendard commun.

Exemple: la religion catholique qui ne manque pas une occasion pour célébrer chacun des faits et gestes du Christ: qu'il naisse, qu'il fasse le jeûne, qu'il rompe le jeûne, qu'il mange de la galette, qu'il monte au ciel, en redescende, y re-remonte, y fasse monter sa mère, ou plus récemment, quand lui ou son (Saint) Père fait monter quelqu'un de très connu, il est de bon ton de faire un deuil national.

Ca contribue même parfois à pouvoir chômer un jour de travail, pour le recueillement général et les pleurs collectifs.

En revanche, pour les causes plus maudiques, il n'est pas toléré de chômer. Enfin les chômeurs chôment eux, mais c'est normal, c'est leur mode de vie. Donc pour de petites célébrations, on n'interrompt pas la croissance du PIB.

Exemple: La Saint Valentin.

Là on célèbre l'Amour. Avec un grand A. Faites "Aaaaaaaaa" pour voir? Oui c'est bon vous n'êtes pas malade. Donc la Saint Val, c'est la fête des amoureux. Enfin, des amoureux et/ou de l'amour.
Et si l'on est amoureux de l'amour ou des soleils couchants, ça marche aussi? Eh bien non figurez-vous! Non, car c'est la fête des amoureux qui sont amoureux d'amoureux qui les aiment en retour. Ca s'appelle la réciprocité. Et c'est comme en maths. On parvient toujours plus facilement à démontrer un théorème dans un sens. Mais quand il s'agit de montrer si la réciproque est vraie, c'est toujours l'enfer. Bah voilà, CQFD. Inutile de célébrer quoi que ce soit si vous êtes secrètement amoureux de quelqu'un(e), Cupidon n'en a cure. Et la réciproque (justement) est vraie. Nul besoin de se gargariser de quoi que ce soit en ce quatorzième jour du deuxième mois de l'année, si vous êtes aimé de quelqu'un et que vous ne partagez pas ce sentiment.

Ainsi Cupidon a choisi cette chouette date du 14 février. Allez savoir pourquoi il prend le mois le plus court et y plante sa flèche en plein coeur? Personnellement je pense qu'il visait le 15 et qu'il a raté sa cible. Oui car ça lui arrive de rater sa cible! Je pense que chacun en a fait l'expérience.

Pour finir, une double interrogation.

1° C'est qui ce Cupidon d'abord? Il montre l'exemple lui? Il a une cupidone à la maison dont il est amoureux peut être... Vu sa gueule et la taille qu'il fait ça m'étonnerait.
(PS: si tu me lis Cupidon, sache que je disais ça pour plaisanter, et que j'espère que tu planteras encore plein de flèches sur mon chemin)

2° Un jour pour célébrer les prouesses de Cupidon, soit. Mais 364 autres pour les déplorer ?


Conclusion: Aimez-vous les uns les autres, et réciproquement !

jeudi 5 février 2009

Ce que veut le vieux...

Tout à l'heure dans le métro j'étais en train de lire La Promesse de l'aube et j'ai vu un vieux.
En le voyant je me suis dit... Tiens, voilà typiquement un vieux auquel j'aimerais ressembler quand je serai vieux. Alors c'est pas facile de comprendre le vieux. Je pense qu'on ne peut se faire une idée de ce que c'est que d'être vieux qu'une fois qu'on est vieux. Souvent je les regarde et je me demande bien à quoi ils peuvent penser. Ont-ils des préoccupations uniquement géronto-centrées? Dans le genre:

_ Mince mes bas de contention sont en train de se filer
_ Tiens il faut que je pense aux chrysanthèmes pour l'enterrement de Monique
_ Crotte, j'ai sauté une ligne à mon tricot
_ Oh ça me fait penser que j'ai pas regardé les pages carnet dans la gazette d'aujourd'hui
_ Zut, je vais sonner si je passe sous le portique à cause de ma hanche en acier
_ Est-ce que j'ai bien fait le virement pour la convention obsèques?
_ On n'y voit rien sur ces radios, moi je suis sûr qu'il va très bien ce rein
_ Oh oui, avant que j'oublie, il faut qu'achète le colle-à-dents qu'on a vu aux réclames à la télé après motus
_ C'est Marcel qui s'occupe de la buvette à la réunion des Anciens de l'AS Bilboquet, on va encore se mettre une race
_ Y'a Patrick Sébastien à la télé ce soir. Il est bien ce Sébastien. Bien sûr il charrie parfois, mais il est gentil. Par contre il a pris un peu...
_ Et cette pauvre Yolande qui failli glisser sur un domino à l'association du Soleil couchant tout à l'heure... Ciel, qu'est-ce qu'on a ri
_ En attendant j'ai bien éclaté Giselle et Lucien au rami la semaine dernière. Mais je suis sûr qu'il sort des cartes de sa manche le Lulu. C'est un filou celui-là. Déjà en 55 il avait réussi à se faire réformer parce que soit disant il avait une jambe plus courte que l'autre. C'est nul, elles touchent toutes par terre. Par contre maintenant il a un oeil qui s'ouvre moins que l'autre, ça c'est vrai.

Donc oui, je suis tombé sur un vieux qui m'a donné envie d'être vieux. Lui je suis sûr qu'il était en train de penser à quelque chose de plus spirituel grâce à toute son expérience de vie et tout et tout. A l'âge où les examens que l'on passe ne sont plus universitaires mais médicaux. A l'âge où si on se retourne sur vous, ce n'est pas pour vous draguer mais pour vous tirer de la thune. A l'âge où la boîte aux lettres ne contient votre abonnement à "Jeune et jolie", mais le supplément gratuit de Dentier Magazine. A l'âge où regarder Allô Docteur sur France 5 ne vous fait plus rire, mais vous affole... Déjà un peu ailleurs, ne devient-on pas plus sage?

Enfin je dis ça alors même que j'étais en train de lire l'inverse dans le roman de Gary, p116:

"Les hommes âgés n'ont jamais eu d'ascendant sur moi, je les ai toujours considérés comme étant hors jeu et leurs conseils de sagesse me semblent se détacher d'eux comme des feuilles mortes d'une cime sans doute majestueuse, mais que la sève n'abreuve plus. La vérité meurt jeune. Ce que la vieillesse a "appris" est en réalité tout ce qu'elle a oublié, la haute sérénité des vieillards à barbe blanche et au regard indulgent me semble aussi peu convaincante que la douceur des chats émasculés et, alors que l'âge commence à peser sur moi de ses rides et de ses épuisements, je ne triche pas avec moi-même et je sais que, pour l'essentiel, j'ai été et ne serai plus jamais."

mercredi 28 janvier 2009

Et si en plus y'a personne

Allô service abonnés UGC?
Allô Alice?

Oui mais non ça va pas être possible.
30 minutes d'attente à la poste pour retirer un colis, c'est possible? Oui? Ouf!

C'est la luuuuuutte finaaaale.

Mais pourquoi ça marche jamais du premier coup?

Non monsieur, je suis désolé, le cordon de raccordement n'était pas vendu avec, mais le moins cher que nous ayons est à 39.95 eur. Je vous fais un paquet cadeau?
Et ta soeur elle me fait un paquet cadeau?

Non monsieur, les frais d'inscription sont en fait payants. L'offre se terminait le 2 janvier.
Ah bon? J'ai pas ça d'écrit sur mon papier moi. Allô? Allô?

Non monsieur, en dessous de 16 eur. on ne prend pas la carte bleue.
Oui non les chèques c'est pas possible non plus.

Non monsieur, je ne peux pas vous reprendre votre veste. C'est échangeable, mais pas remboursable au delà du 2e jour après l'achat. Et après le 4e jour c'est ni l'un ni l'autre. Après le 10e jour, si vous venez nous rendre votre veste on la conserve en caution, on vous menotte et vous bâillonne avant de vous enfermer à tout jamais dans les cabines d'essayage...
_ Ah oui quand même... Bon alors appelez moi un responsable.


Mais le problème avec ces World Comapanies, c'est qu'on parle aux tentacules de la pieuvre et que jamais on voit le "cerveau" trop occuper qu'il est à nous mettre dans la panade pour s'assurer son taux de croissance qui lui assurera son bonus annuel. Alors on rame. Mais on rame tout autant que le salarié de tout en bas qui n'a ni la motivation, ni la possibilité de faire un geste. Et moi le geste que j'aurais envie de faire il est pas joli.

La dernière fois je suis allé dans un magasin non franchisé. Si, si ça existe encore. Ca m'a fait bizarre d'être reçu avec le sourire.

lundi 26 janvier 2009

Entre chien et loup, tous les chats son gris...

C'est bien connu, à 6h du matin les couche-tôt croisent les couche-tard. Les travailleurs croisent les oisifs. Les laborieux croisent les paresseux. Mais on est en droit de se demander qui est le plus à envier. Quel est le plus grand sacrifice? Ne pas voir la lumière du soleil, ou ne pas voir la lumière des boules à facettes?

Au contraire de la vie nocturne, la vie diurne a un goût de déjà-vu, quelque chose d'attendu. La nuit consacre l'éphémère, l'hédonisme à tout prix, l'amusement, le rire, le plaisir, la fête, l'oubli. Tout se mélange comme les boissons dans le shaker. Chacun glisse doucement dans l'autre réalité, en utilisant les moyens qu'il peut, légaux ou non. Il semble que d'autres lois régissent la vie de nuit. Tout est permis avec le portefeuille ouvert. Comme l'aveugle qui tâtonne avec sa canne blanche, durant sa blanche nuit à lui, le noctambule avance la mastercard à la main, passe-partout universel. Avec la CB pour guide, les portes s'ouvrent, les bouchons sautent, les amis affluent, les effluves refluent, les lumières pleuvent et la musique inonde le tout. Le jeu de la séduction peut commencer. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. C'est ce que vendent les lieux de la nuits: bars, boîtes, bar-boîtes, clubs privés... La réputation de l'endroit tient à la qualité des brochettes de viandes qui s'y rendent. Un vivier de qualité justifiera des prix élevés et une sélection avouée par le portier. Alors une fois à l'intérieur, autant rentabiliser. Hédonisme, oubli, amusements... Les fourmis diurnes dorment à poing fermé quand les cigales nocturnes papillonnent autour de la boule à facettes, miroir aux alouettes... pirouettes, cacahuètes...

Ca bouge beaucoup, ça remue même, ça brasse de l'air. Mais à l'aube on n'a pas avancé d'un pouce. On n'a rien construit, trop occupé qu'on était à gesticuler. On ne voit rien, on n'entend rien ... Pupilles et tympans humains ne sont pas fait pour ça, alors il ne fallait pas s'attendre à autre chose. Dans un ensemble sur-saturé, on pourra remuer autant qu'on voudra, rien n'en sortira. Des amitiés nocturnes, des amourettes de boule à facettes, des projets, des sourires et discussions de fumoir dans le noir, il ne restera rien au matin. Non, rien de rien. On ne regrette rien. Et s'il en restait quelques chose, infime bribe, on voudrait l'oublier.

Alors certains sous la boule à facettes joue les doubles-facettes. Doubles-faces façon Batman bien sûr, façon scotch aussi pour les plus collants. Ils tentent de devenir autre, à l'aise, détendu, amuseur désinhibé, grand prince reconnu. Vaine tentative qui achève sa nausée aux toilettes et dans le taxi. Non pas sur les sièges en cuir monsieur.

Voilà on est arrivé, 40 euros s'il vous plaît.

mardi 20 janvier 2009

La journée vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais

Bon, avant que ce blog ne vire à une collection décérébrée de musiques électronisées, j'improvise un petit billet.

Finalement la nuit c'est comme un désert, chacun la traverse à son rythme et en a une expérience différente. Je ne parle pas là de la soirée. Enfin des heures qui précèdent le changement de date. Je parle bien des heures du lendemain qu'on vit dans la journée précédente. Les heures courtes pourrait-on dire. Les une heure, les deux heures, et plus si affinité. Combien de fois ai-je entendu que, tant qu'on n'a pas dormi, on n'est pas vraiment demain. Mais alors si on ne dort pas... Que se passe-t-il? On perd une journée. On reste coincé dans les portes du temps? C'est presque aussi flippant que les changements d'heure officielle décrétés par l'Etat. Quand on y pense quand même... J'attends la loi qui imposera de ne compter que 23h dans une journée. On se décalerait progressivement, pour se recaler par la suite. Le tout sans perdre tellement d'heure de sommeil. Et tiens, pour gagner du sommeil on pourrait tout aussi bien imposer 25h dans la journée. Gagnant-gagnant comme dirait l'autre.

Pour en revenir au désert... Moi j'aimerais bien revenir au dessert, mais bon c'est pas possible. D'ailleurs une journée c'est un peu comme un repas. Un début, un milieu, une fin. Certains raffolent du dessert. Alors pour pouvoir en profiter le plus possible, ils ne goûtent guère aux premiers plats. La majeure partie de nos concitoyens traversent le désert endormi sur le chameau. Ils savent que s'ils ne veulent pas avaler leur salade de travers demain matin, c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Alors forcément à dos de chameau ça passe vite!
Mais d'autres choisissent de marcher un peu, seul ou en groupe, avec un gourde ou pas, avec plusieurs gourdes... Et en général dans les gourdes il n'y a pas que de l'eau. Alors on se ravitaille dans des oasis. Certains y passent même la nuit. D'autres vont d'oasis en oasis. Pour goûter à tout.
Il y a ceux qui accumulent pour oublier que de l'autre côté y'a demain et que oui on est déjà demain, mais que comme on est demain sans que les autres, ceux qui sont en chameau, n'aient réalisé qu'on était demain... eh bien on oublie et on ne sait plus très bien quand on est. Parfois on ne sait même plus très bien où l'on est. Tous plus gris les uns que les autres les chats la nuit. Et les oasis? Finalement toujours la même illusion. Un élixir magique pour rapprocher les coeurs et les corps et oublier le peu d'estime de soi qui nous retiendrait de nous avancer. Du son trop fort pour ne pas tout entendre des propos qui manquent de sens en ces heures courtes. Des lumières, des stroboscopes, de la fumée, de la mousse pour ne pas voir les visages décomposés par la chaleur du désert, la fatigue de la traversée et les effets de l'élixir...
Toujours la même histoire. Toujours la recommencer. Les enfants connaissent la fin des contes qu'on leur dis tous les soirs. Et pourtant ils veulent la même histoire. Alors même si ça te termine mal, on a espoir au coeur du désert que l'aube du lendemain sera plus claire que le crépuscule de la veille. Tenter, tenter et retenter sa chance. Refuser de finir la journée avec la même force qui tient nos yeux ouvert quand la faucheuse approche à grands pas. Encore une minute monsieur le bourreau. C'est que j'ai encore des choses à faire ici-bas!

Le jour se lève. Les gens d'hier croisent les gens d'aujourd'hui. Aux croisements de regards, une faille intertemporelle s'ouvre. Béante. Évidente. Ceux qui se sont arrêtés dans les oasis n'ont pu retenir la nuit plus que quelques heures. Les autres sur leur chameaux ont traversé à toute vitesse. Pas forcément plus pressés de retenter le coup, mais certains de l'issue. Le jour finira par tomber et ils ne tomberont pas bien loin. Quant aux autres, ils ont fini par admettre l'évidence. Loin des tropicaux bananiers, palmiers et cocotiers qui peuplent leurs haltes. Le jour s'est levé.

Adieu.

mardi 6 janvier 2009

Une citation, pour combler mon silence...

Regardons s'agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à 100 à l'heure. Ils se battent, ils courent, il caracolent derrière leur vie, et tout d'un coup ça s'arrête, sans plus de raison que ça n'avait commencé, et le militant de base, le pompeux PDG, la princesse d'opérette, l'enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui as cru en Dieu jusqu'au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l'homme s'effacent devant les droits de l'asticot

Pierre Desproges

lundi 22 septembre 2008

J'ai voulu donner sa chance à l'été.

Par ce 21 septembre ensoleillé, dernier jour de la plus brûlante des saisons, j'ai osé une tenue d'été. Une tenue d'été en été, oui, mais l'été de septembre a mauvaise réputation. L'été de septembre est comme l'hiver de mars. C'est une zone de non droit, un no man's land. On l'appelle "demi-saison" chez les marchants en chaîne de prêt-à-porter. Demi-saison, la moitié d'une saison, le trait d'union, la clé de voûte, la charnière, l'entre-deux... Appelez le comme vous le voulez, ça ne sera jamais très gratifiant pour cet été de septembre, qui, techniquement, a le droit à autant d'égards que l'été de juillet. Juillet, roi des mois d'été. Pourquoi un roi Juillet? Parce que juillet est mois de promesses. L'on est indulgent avec juillet car l'on a l'assurance qu'il sera suivi d'août avec lequel on pourra convoler en seconde noce si le 7e mois s'avérait décevant. Mais septembre... personne n'attend plus rien de septembre. L'on a la tête basse des jours de rentrée, et nul ne cherche à profiter des derniers feu du soleil-roi. En profiter serait même se faire du mal. Ce serait ressusciter les délicieux moments de juillet où la fougue des rayons solaires s'ajoutait à la douce sensation d'être en vacances, l'horizon dégagé de ses collègues de travail. Et l'on ne veut pas se remémorer ce temps là, au moment où l'on s'apprête à entrer dans le tunnel de l'hiver duquel on ne sortira qu'en mai, pour les traditionnels ponts.

faisant fi de tout cela, j'ai vêtu shorts, T-shirts et tongs, mais j'étais seul, tout seul, bien seul. L'on ne me regardais pas de travers, non. D'aucuns dut croire que mon esprit mal placé était resté bloqué en août ou en juillet. Je voulais simplement donner sa chance à l'été. Il n'a pas tellement été à la hauteur cette année, l'été, alors je lui laissais, en ce 21 septembre, l'opportunité d'être qualifié d'indien. Mais le peuple avait abdiquer. Devant l'astre solaire, que faire? Aujourd'hui c'est l'équinoxe... Pendant 3 mois la nuit va empiéter inlassablement sur le jour. Pendant 6 mois la nuit durera plus que le jour. le peuple a la tête ailleurs. Depuis juillet les cartables de la rentrée sont achetés. Si l'on anticipé à ce point l'arrivée de septembre, ce n'est pas pour la nier quand elle est bel et bien là. Alors on ne veut pas regarder en arrière. Les plus ambitieux osent même penser à Noël. J'en connais même qui planifient leur réveillon de la Saint Sylvestre. Moi je veux donner sa chance à l'été. C'est trop facile de porter des jugements hâtifs. En cette fin d'après-midi, couché sur les quais de la Seine, je tente de me laisser bercer par la chaleur que veut bien m'envoyer cette pépite d'or qui, à 7 minutes-lumière de là, fusionne autant qu'elle peut pour me faire ce plaisir. Mais la pépite n'a pas le même éclat. Je le reconnais sans honte. Je pourrais trouver des circonstances atténuantes à cette contre performance: peut-être est-elle due à la légère brise, ou bien à ma mauvaise orientation... Mais non, je vais être franc. Ce soleil d'été n'était pas à la hauteur. Les rayons trop obliques dissipaient leur force dans l'épaisse couche d'ozone. Alors finalement ça m'a rassuré. En dépit de nos ferventes négligences, la couche d'ozone est bien là, et elle empêche le soleil de septembre de prétendre arriver à la cheville du cuisant soleil de juillet. Au moins ai-je cette satisfaction là, et l'accomplissement d'avoir laisser sa chance à l'été.


Le mot de la fin à Barbara, dans "Septembre (quel joli temps)":

Les fleurs portent déjà les couleurs de Septembre
Et l'on entend, de loin, s'annoncer les bateaux.
Beau temps pour un chagrin que ce temps couleur d'ombre.
Je reste sur le quai, mon amour. A bientôt.

Quel joli temps, mon amour, au revoir.
Quel joli soir pour jouer ces vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L'amour nous reviendra peut-être.
Peut-être un soir, au détour d'un printemps.
Ah quel joli temps, le temps de se revoir.

vendredi 20 juin 2008

hyper'marchés... super courus !


Dans le métro, alors que je lisais Direct Soir je tombe sur la nouvelle suivante: "En 2007, la France a dépassé les 8 millions de mètres carrés de surface de vente dans les hypermarchés". Alors laissons de côté les supermarchés, les supérettes, ainsi que tous les autres commerces de bouche type boulangeries, épiceries, etc. C'est bon, on fait ce petit effort, on laisse ça de côté, vous êtes bien aimables.

Bon alors il reste quoi? Il reste les hypermarchés. C'est-à-dire, les mamouths (justement) de la consommation. Le temple de la distribution de masse. Eh bien en France, dans ces 1.500 hypermarchés, la surface de vente représente 8 millions m2, donc: 8Km2 de bouffes pour nourrir toute la France. Imaginons un peu. C'est tellement énorme, qu'en virant les rayons de graillon et en calant bien 7 Français au mètre carré, on stocke toute la France (DOM TOM, Corse et Carla Bruni comprises).

D'où une question: comment caler 7 Français sur 1m2, et plus généralement, comment caler 7 êtres humains sur 1m2. Pour ce faire, il faut considérer un échantillon représentatif: y'a un bambin, un ado, un jeune adulte, trois vrais adultes et un veillard. Je préconiserais de caler le vioche en bas, bien à plat ventre, pour qu'il déstabilise pas les autres, et pour qu'il meure en silence (pour le bienfait de la CNAM et donc de nous tous ici présents). Ensuite moi je disposerais aux quatre coins les 3 adultes plus le jeune adulte. Et au milieu je mettrais le jeune ado rebelle en boule (pour avoir la paix), et je poserais dessus le bambino (qu'on aura pris soin de bâillonner pour éviter les pleurs insupportables). Ca aurait quand même de la tronche sur des km2 entiers...

Tout ça pour dire quoi? Oui car il y a un semblant de propos dans ce que j'écris. Tout n'est pas qu'une histoire de pyramide humaine. Tout ça pour dire que cette masse de bouffe, ces tonnes de vache, ces kilomètres de saucisses, ça fout les boules. Je crois que ça me fout autant les boules que mes prises de conscience énergétique en plein slaloms nocturnes post boîte de nuit au milieu des réacteurs nucléaires, à cheval sur mes barrages hydroliques...

Ma prise de conscience s'est achevée en sortant de ma rame de métro et alors que je me dirigeais vers la sortie. J'ai vu trois personnes fondre sur moi à grandes enjambées en jouant des coudes. Tout ça pour se glisser dans le train avant que les portes se ferment... Seules les deux plus sportives ont réussi à entrer. La troisième, plus lourdes a pris du retard dans les escaliers et a dû attendre la prochaine rame deux longues minutes (une éternité pour un parisien)... deux longues minutes passées à s'en vouloir: "ah, si seulement, je n'avais pas succombé à ce cornet vanille la dernière fois que j'ai fait mes courses!"

On ne peut pas avoir des km2 de graillon et prétendre attraper un métro au vol. Il faut faire un choix. A Paris il n'y a aucun hyper...