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lundi 22 mars 2010

TV: La soirée électorale



La Un, la Deux, la Trois. Tout le monde sur le pont pour une soirée électorale « d’exception ». On n’a pas le don d’ubiquité, mais avec la zapette on l’a presque. 1-2-3-1-2-3 ou 2-1-3-2-1-3 ou mille autres possibilités. Chacun y va selon son inspiration.

Sur la Deux, c’est viril mais correct. Pujadas est là pour être sérieux, pour parler, pour animer le plateau. Elise lucet est là pour faire une annonce tous les quart d’heure : « merci Elise ». On sent le côté service public : un homme, une femme. Méthode Chabadabada, comme pour les listes aux Régionales. Parité. Tout bien tout bien. Neutralité. Mais bon faut pas délirer quand même : « merci Elise ».

Sur la Trois, on est encore en grève, comme au premier tour. Ou si on ne l’est plus, on ne fait pas la différence. Est-on sur un plateau de fromages national ou régional… on ne sait. Parfois un journaliste lance un duplex avec Zorro. Fausse manip’, c’est juste que dans ladite région, les techniciens sont en grève et que pour occuper l’espace, en lieu et place d’une soirée électorale, on (re)diffuse Zorro.

Sur la Un, c’est toujours très glam. Ferrari à paillette, Chazal à gogo, on donne dans le sourire, le plateau est en platinium brut, les invités sont peu nombreux, ils ont de l'espace, ils sont à dix mètres les uns des autres. Et y'a de la qualité les enfants: personne ne refuse une invitation sur la première chaîne. Aussi, à 20h00 (heure du crime), le plus beau plateau de fromages est sur la Un. On a les top leaders (comme YSL se payait les Top-Modèles) : X.Bertrand, C. Lagarde, B. Delanoë, L.Fabius, C.Duflot, MG.Buffet. Et on ne s’encombre pas de l’extrême droite qui signe pourtant avec cette élection son grand retour sur l’échiquier politique. Le Pen (père ou fille) n’est pas assez glam probablement. Lagarde écharpe Fabius sur la politique fiscale, celui-ci réplique. On se dit qu’il va y avoir un débat. Mais non. Game over. Comme à plusieurs reprises. Lolo Ferrari interrompt tout le monde par un quelconque prétexte : annonce d’un duplex ou d’un bilan des résultats « région par région ». Pourquoi ? « Parce que c’est important ». C’était pourtant amusant d’entendre Kiki Lagarde nous prouver par a + b que le bouclier fiscal a pour vocation de bénéficier aux foyers les plus modestes. On n’aura pas le détail de la démonstration malheureusement. Tout s’enchaîne inéluctablement : la déclaration de FF (F.Fillon), celle de M.Aubry, celle de Frêche (so not « fresh »), etc. Et toujours le même constat : Lorsqu’ils sont en duplex, les hommes politiques attendent que TF1 leur donne le feu vert pour parler. Du coup sur France 2, ça poireaute alors que sur TF1 ça bataille féroce sur le plateau de fromages. Ah, on voit bien où est le pouvoir… Celui qui domine c’est celui qui fait attendre l’autre. Retour sur le plateau-TV : la droite ne reconnaît pas sa défaite. Et, comme tout mauvais accusé, tout en disant qu’elle n’a pas perdu, elle trouve quand même un alibi à sa défaite : la crise « sans précédent que traverse notre pays ». Après tout ça ne mange pas de pain. On s’approche à grand pas des 20h45. Dans l'oreillette, on dit aux deux dames qui animent le plateau qu'on va finir avec 20 minutes d'avance, parce que "Oh, hé, hein, bon". Finito la politique, place au spectacle, place au rêve : « Les Experts ».

jeudi 4 mars 2010

Mylène Farmer sur les marches élyséennes

Elle sort peu. Elle se fait rare. Elle est comme ça, ce n'est pas feint: mystérieuse. Peut-être une façon de se préserver. Qu'importe. En tous les cas, cela met d'autant plus en relief ses quelques apparitions médiatiques. Dans le désert de son silence, les fans ne sont jamais repu des quelques oasis médiatiques auxquels consent la "belle rousse".
Du fait de son importante notoriété en Russie, la chanteuse fut invitée (ainsi que Patricia Kaas) par le chef de l'Etat à prendre une part au dîner officiel donné en l'honneur de M. Medvedev. Enfin un peu plus qu'une part, selon l'appétit de chacun. Pour ce genre d'événement - il s'agit tout de même d'une visite d'Etat - le protocole est immuable: on entre par la porte d'entrée! Ca peut paraître anodin, mais bon, ça veut surtout dire que tous les médias sont parqués là pour faire de belles photos en couleur bien glamour qu'on mettra dans les magazines.

Dans le cas de M.Farmer, que s'est il passé?
Jusqu'aux marches tout se passe bien: Le sourire est radieux, la robe asymétrique met parfaitement en valeur un corps que beaucoup envient, les talons hauts affinent la jambe et donne un élan de la plus grande élégance à la démarche de la chanteuse.
Mais dès la troisième marche, c'est le drame: le sourire est moins radieux, la robe bien qu'encore asymétrique ne met plus tellement en valeur quoi que ce soit (par ailleurs plus personne ne l'envie), et surtout les talons n'affinent ni n'allongent plus rien, mais tendent à ratatiner la personne dont la démarche en prend un sacré coup.

Alors que s'est-il passé?
Ce genre de catastrophe ne peut qu'être polyfactorielle. C'est exactement comme le Titanic. Il y a désastre parce qu'il y a cumul de fautes: un guet pas assez vigilant, un commandant de bord qui veut aller trop vite, un manque cruel de canots, etc. Résultat des centaines de morts. Eh bien là c'est la même chose: Les talons sont trop hauts, la robe est trop asymétrique, les portiers manquent de vigilance et de prévenance et surtout les paparazzis sont trop oppressants (Cf. Lady Di qui ne s'est jamais relevé d'une course poursuite nocturne).

Développons dans l'ordre:
1° Les cris des photographes. C'est parce qu'elle avance en regardant derrière qu'il y a chute. Comment résister aux cris des journalistes? Comment parvenir à se dire que, non, on ne se retournera pas pour monter les marches parce qu'ils ont fait assez de clichés en bas? Tourner la tête lorsque l'on est apostrophé est un réflexe humain. Il se révèle parfois lourd de conséquences.
2° Talons trop hauts: ça je pense que ce sera compris par tout le monde. Clairement en converse le drame était évité. Elle se serait peut être accroché le pied sur la cruelle troisième marche, mais elle ne se serait pas vautrée. Car oui, elle s'est bel et bien vautrée.
3° L'asymétrie de la robe. Clairement la question de la robe est posée. Ces grands bandeaux de tissus qui pendent sont co-responsables des deuxième et troisième chutes. En effet, elle prend appui sur eux en se relevant, ce qui l'empêche de pouvoir déployer entièrement sa jambe.
4° Le manque de vigilance du portier et du "mec de la sécu". Le premier est en haut des marches, le second en bas. Aucun des deux ne se sent concerné par ce qui est en train d'arriver. Ils se mettent en mouvement en même temps, au moment où il est déjà trop tard. Au final la belle rousse n'aura pas eu besoin de leur aide pour parvenir jusqu'au perron. Pas très gentlemen...

Solution numéro un?
Lorsqu'une dame se présente non accompagnée à une réception, on met à sa disposition un accompagnateur qui lui présente son bras en bas des marches et demeure à son côté jusqu'à ce que Madame soit placée.

Solution numéro deux ?
Peut-être l'Elysée pourrait-il prévoir un monte-personne sur le côté pour les personnes handicapées, mais aussi pour celles qui portent de hauts talons. Ce pourrait être un moyen ludique et efficace d'atteindre l'accueil.


En guise de conclusion je ferai quelques remarques:
_ MF pousse de délicieux petits cris absolument irrésistibles à chaque chute.
_ Les journalistes derrière leur objectif se bidonnent, ce qui est quand même le comble du mauvais goût. Mais bon, comment peut-il en être autrement?
_ Un garde républicain tourne la tête au troisième cri. Je pense qu'ils ont une consigne de ne pas ciller. J'espère que l'intrépide s'est fait limogé pour cette faute grave.

samedi 4 juillet 2009

Chronique des enfers. Épisode 2. Hold Up télévisuel: Plus personne ne bouge !

Été 2009: Les avions tombent à la pelle (Rio; Comores), les trains déraillent (Cahors), les planeurs se crashent (Barcelonnette), les voitures s'accidentent, les piétons se font renversés, et je ne parle même pas des deux-roues...
Alors que faire?

- Rester chez soi? pour mourir d'une crise cardiaque comme Michael jackson... Non, merci. Si les stars n'en sont pas protégées (avec médecin à domicile), alors nous, pauvres anonymes, sommes encore moins à l'abris. Et puis si on mange mal, ou trop salé, ou trop sucré, ou trop de viande, ou de l'alcool, ou de l'eau du robinet... etc. etc. il paraît que c'est le cancer assuré. Et puis de toute façon chez soi on meurt d'accident domestique ou d'ennui...
- Rester chez les autres? Non, car notre Chez-les-autres est le Chez-soi des autres, alors le problème est le même.

Conclusion: Je vous conseille de rester en extérieur, avec un bouquin. Mais pas sous un arbre, afin de réduire les risques de foudroiement.

samedi 27 juin 2009

La Gay Pride, comment ça marche?

La Gay Pride*, en 2009, ça veut dire quoi?
* Renommée Marche des fiertés GLBT (gay, lesbien, bi, trans)

1. ça veut dire qu'on vit dans un pays libre qui autorise cette marche et qui ne réprime* pas ceux qui écrivent des choses sur des pancartes (Cf. la Russie par exemple)
2. c'est une marche ouverte à tous, dans un esprit festif.

mais

1. les messages politiques sont rares au sein de ce défilé qui fait la part belle aux trans les plus exubérants, et si l'on vient le regarder passer, c'est principalement par phénomène de foire (Cf. la femme à barbe au XIXe siècle).
2. en conséquence, les médias, toujours amateurs de sensations, se focalisent sur les caricatures: homos façon YMCA, lesbiennes façon camion, et trans façon... créature extra-terrestre.
Cela fait-il avancer la cause du droit à l'indifférence?


* Dans 80 pays l'homosexualité est condamnée dans le code pénal
Dans 5 pays l'homosexualité est passible de la peine de mort.

vendredi 26 juin 2009

Michael Jackson s'envole. Billie Jean est Orpheline. Nous aussi.

Devant le surgissement d’un choc interplanétaire, les veillées funèbres sont télévisuelles. Michael Jackson était un génie (visionnaire), une star (planétaire voire interplanétaire), une icône (au sens James Dean et Marilyn Monroe du terme). Il a révolutionné la pop musique, la danse et les chorégraphies, le vidéoclip. Après des années à remplir les pages de faits divers, à 50 ans, il parvenait à faire l’actualité pour ses talents artistiques puisqu’il devait remonter sur scène après 12 ans d’absence. Le génie retrouvait toute son aura. On oubliait les accusations dont il fut victime. C’était le retour du grand Michael, l’éternel. Mais hier il est mort brutalement : Blood is on the Dancefloor.

Parce qu’il était hors du commun, parce qu’il était présent dans nos vies personnelles par sa musique qui a ponctué et égayé notre existence, et parce qu’il est parti brutalement, l’annonce de sa mort constitue un événement dont chacun se souviendra longtemps (Do you remember the time ?). Comme Lady Di et les attentats du World Trade Center. Qui ne connait pas Michael Jackson ? Qui n’a pas envie de danser aux premières notes de Beat It ? N’atteignait-il pas l’universel par ses compositions ? Son moonwalk ne fascine-t-il pas la Planète entière ? N’était-il pas extra-terrestre ? Dès l’époque des Jackson Five, il danse comme un dieu, c’est inné, c’est miraculeux, il avait 8 ans, l’âge du petit Mozart qui composait ses premiers menuets. En 40 ans de carrière il atteint le firmament du firmament. Mais l’icône n’est pas éternelle. Leur mort nous rappelle qu’ils sont mortels. D’où le choc. Et l’effroi : Thriller.

Alors on va se sur-saturer de Michael Jackson pendant quelques jours. Tout y passera, dans l’ordre : la veillée funèbre télévisuelle, le visionnage de tous ses clips, l’écoute de toutes ses chansons (partout, jour et nuit : ipod, taf, voiture, maison, discothèque), l’évocation de l’artiste dans toutes les discussions, les journaux, les télés, les radios, la vie privée, la vie publique, tout ! En plus ça retombera. Mais parce que c’est une icône légendaire sublime, il reviendra vite et ne disparaîtra jamais. Ses musiques ne cesseront pas d’être diffusées partout, d’être remixées, on dansera en boîte, on l’imitera et on s’en inspirera. You rock our world and Heal the world.

Billie Jean est orpheline. Nous avec.

samedi 2 mai 2009

Vautour, canard ! (Poet, poet)

Panique générale en occident, on va tous chopper la grippe. On s'occupera des meurt-de-faim après. En attendant on va tous mettre nos masques-canard.

mardi 28 avril 2009

Psychose, Joker et Angelo Pardi !



La grippe porcine touche les humains. Les mots sont trompeurs. Ou alors elle ne touche que les humains qui reçoivent le qualificatif de « porc » par leurs pairs. Ça serait trop facile. Et puis peut-on être un porc dans l’absolu, aux yeux de tous et pour toujours ? Probablement pas. On est « porc » à un moment donné et aux yeux de certains, avec de bonnes ou de mauvaises raisons.

Ainsi la grippe cochonne touchera ses cibles aléatoirement, chaotiquement, au hasard. Et ce d’autant plus que l’on vit dans un monde ouvert (tous les ans, un milliard de personnes prennent l’avion). Les frères humains partagent tout. Les joies et les peines. On a vu Babeth II se faire mettre une couronne sur la tronche, les Américains marcher sur la Lune, les New Yorkais courir dans le vacarme de tours qui tombent, les Asiatiques se noyer sous un tsunami, les Chinois s’accrocher des médailles d’or autour du coup. Aujourd’hui on voit les Mexicains revêtir des masques et l’on sait que ce n’est pas une coquetterie de nippons parisiens polluto-névrotiques. Devra-t-on faire de même ? Tous, autant que nous sommes, nous grimer en Docteur Doug, organiser des soirées façon Urgences ?

Tel Joker de The Dark Knight ne révélant pas ses plans, le virus frappera anarchiquement semant au mieux le trouble, au pire la psychose : cloîtré chez soi, ne réduit-on pas les risques de contamination ? Curieux retournement de situation. La récession économique a fait marcher au pas l’homo œconomicus, trop affolé qu’il était de rejoindre le troupeau des brebis galeuses au chômage : « Dégoter un stage est un luxe aujourd’hui monsieur ». Mais finalement, finalement, on en oubliait l’essentiel, il y a quelque chose au dessus de l’homo œconomicus, il y a l’homo sapiens sapiens encore vivant. On ne va quand même pas s’excuser d’être en vie, mais on se doit de porter haut le flambeau de l’humanité.

Jean Giono dans Le Hussard sur le toit (ou comment une épidémie peut être vécue romantiquement) :
« Nous ne savons pas ce qui nous attend sinon que, d’après ce que nous avons déjà vu ce sera sans doute coton. Tâchons d’être à la hauteur des événements. »
« Le choléra est une saloperie, mais le reste est une saloperie encore pire. Ne faites pas le cocardier. »

mercredi 21 janvier 2009

Nutella, me voilà !

http://www.liberation.fr/politiques/0101303203-quand-lauvergeon-entre-en-collision-avec-un-militant-anti-nucleaire

Qu'advient-il des 950 kg d'uranium de retraitement, propriété d'EDF ? Il est réutilisable, à la condition d'être réenrichi (processus qui, pour l'heure, se fait en Russie). Mais la plus grande partie de l'uranium ne prend pas le chemin de la Russie. La grande majorité de l'uranium sorti de la Hague (en 2007, 85 % d'après les propres chiffres d'EDF) est envoyé à Pierrelatte où il est stocké. Il s'agit pour l'électricien d'un «bas de laine» énergétique qu'il se réserve pour des jours meilleurs. Potentiellement recyclable, donc. Mais pas (encore?) recyclé.

jeudi 4 décembre 2008

La Vie pas moderne

Le jour de l'ouverture des soldes, un employé d'un magasin est mort écrasé par la cohorte d'acheteurs new-yorkais qui se ruait sur les produits au rabais.
Bon...
Ca se passe de commentaire.
Trop souvent le Tout est bien plus con que la somme des individus qui le composent: Stade de foot, Assemblée Nationale, file d'attente.

Parenthèse: Les Champs-Elysées sont très beaux cette année ! De bas en haut. De haut en bas. Sous toutes les coutures, ça vaut le détour. C'est gratuit, c'est cadeau, alors ne nous privons pas.

Parenthèse (2): Le Hussard sur le toit est le meilleur film de tous les temps. A ceux qui n'aiment pas je dis "zut', sans même avoir envie d'argumenter. Aux profanes, je dis "Regardez-le".