Affichage des articles dont le libellé est Musique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Musique. Afficher tous les articles

mardi 8 février 2011

Victoires de la musique 2010...................... VOTEZ Lilly Wood & The Prick

Hier, ils ont commencé leur concert à la Cigale par leur titre le plus aérien: "Hymn To My Invisible Friend". Progressivement, au fil de la chanson, la lumière s'est faite sur la scène dévoilant nos deux Invisible Friends qui se sont mus en Invicible Friends (titre de leur album). Ah! qu'ils semblaient heureux d'être dans cette salle mythique pour cette date qui affiche complet depuis des mois ! Parce qu'ils ont du talent, ils ont communiqué leur énergie au public qui le leur a bien rendu. Ca s'appelle l'échange et c'est beau. Sur scène ils ont joué leur (premier) album en totalité. La version studio est une réussite. La version live, plus rock, séduit tout autant, voire plus.
...
Voilà pourquoi, avant mercredi 20h00, il faut VOTER Lilly Wood & The Prick.
C'est EUX la révélation 2010.
...
1° Ils créent une musique d'un genre nouveau, un genre inclassable; contrairement au réchauffé monocolore que produit le reste de la chanson française. Sans s'enfermer dans une chapelle, Lilly Wood & The Prick réussit à jongler avec les genres: folk, rock, électro, pop. Nul besoin de les ranger, ils ne souffrent pas le rangement. Chaque chanson apporte son grain de sel. Quel régal !
2° La voix de Nili vient toucher l'auditeur dans un coin de son coeur dont il ignorait l'existence. Elle suscite l'émotion, le frisson. Isn't this what music is for ?
3° Toutes les chansons sont réussies. Toutes. Absolument toutes. Celle que j'ai entendu en premier et qui est ma préférée de l'album, c'est "My Best": c'est frais, c'est fort, c'est tonique, ça bouge, ça donne envie de danser et donc de vivre.
4° Ils sont libres.
5° Ils sont un groupe: 1+1. Et ça c'est beau. C'est rare. Depuis le temps qu'on attend un groupe de cette qualité, en France...

Conclusion:
Regardez ce clip, aimez et votez ICI

mercredi 24 mars 2010

THE CRANBERRIES @ Le Zénith de Paris


Au préalable: Petite Bio perso des Cran’ :

En 1990, deux frangins irlandais (guitare et basse) flanqués d’un troisième laron (batterie) s’essaient au rock parodique sous l’impulsion d’un quatrième comparse auteur/chanteur qui écrit des chansons du style : « Ma mère s’est noyée dans une fontaine à Lourdes ». Ce fou furieux s'imagine que le groupe est sans avenir. Il se fait la malle et avant de partir leur conseille ad’auditionner Dolores O’ Riordan. Banco ! La demoiselle séduit vocalement les 3 irlandais. En plus elle écrit des textes.
En 1990, sur leur première cassette démo, on trouve deux titres : Linger et Dreams. Deux réussites, pourtant s’ensuivront trois années de galère…
Premier album sorti en 1993 qui n'est pas un grande réussite. La consécration arrive en 1994 avec le sublime « No need to argue » dont le single « Zombie » traite de la guerre civile en Irlande du Nord. S'ensuivent trois autres albums.
Entre 1993 et 2001, le groupe sort 5 albums qu’il vend à près de 40 millions d’exemplaires, dont la moitié grâce à « No need to argue ».
En 2003 Dolores annonce que le groupe fait une pause car ils sont fatigués. Elle enregistre un album. Fait une tournée. Puis un autre album. Et là, PAF, elle ne fait pas de tournée solo, mais annonce qu’elle repartira en vadrouille avec ses trois potes.
Entre novembre 2009 et octobre 2010, 40 dates sont prévues en Amérique du Nord et Sud (dans des salles de taille modeste) et 40 en Europe (dont 18 zéniths en France, ce qui est considérable mais à la hauteur de l’amour que l’Hexagone voue au groupe – qui le lui rend bien).
À l'issue de ces dates le groupe sortira un sixième opus et repartira en tournée.


22 mars 2010 : The Cranberries au Zénith de Paris

Cette date est complète depuis 5 mois. Et comment ! Les Cranberries reviennent après 7 ans d’absence dans une salle à la hauteur du groupe sans atteindre les proportions inhumaines du POPB-Bercy. Dans le public, tous les publics. Tous les sexes, tous les ages. Dolores n’a pas 40 ans. On en trouve qui ont son age, quelques-uns sont même plus agés. Le gros des troupes est trentenaire. Beaucoup sont vingtenaires comme votre serviteur et ont écouté les Canneberges à la radio lorsqu’ils étaient au collège/lycée. À l’époque cette musique plaisait à tout le monde, on enregistrait les morceaux sur cassette audio et on achetait les singles. Il n’y avait pas Internet, ni youtube, ni deezer, ni téléchargement légal, ni téléchargement illégal. Quelques-uns dans le public ont moins de 20 ans, ils sont venus en bande et ont probablement découvert le groupe sur jiwa.fr. Les filles sont beaucoup trop maquillées et pensent être désirables dans des hauts en lycra beaucoup trop ceintrés. Les garçons peinent à s’extirper du mal-être acnéique et de l’enferaillement dentaire auquel ils sont acculés. Pourtant ils sont là et vibrent aux mêmes chansons que moi à leur age. C’est un peu magique.
PS : Constat empirique : le public des Cran’ est plus petit que celui de Depeche Mode (qui fut mon dernier concert). Autant vous dire que quand tout le monde fait une tête de moins que soi et qu’on est plein centre et au 10e rang de la fosse, c’est du gateau, de la tarte, de l’or en barre.

Je fais court sur la première partie : Richard Walters. C’était gentil, en dépit de ses accents un peu trop JamesBlunt-iens que venait modérer un violoncelle aux délicieuses sonorités irlandaises qui permettaient de « se mettre dans le bain gaélique ». Après un set d’une huitaine de chansons, ils s’en vont. Le public applaudit. Et là mon voisin de gauche, d’habitude lourdeau dans ses analyses établit un constat implacable : « ce qui est terrible c’est que le groupe ne sait pas si on applaudit parce qu’on a aimé ou parce qu’on est content qu’ils se taisent ».

Le noir se fait. Les technicos s’activent. Le noir se défait. L’immense voile (noir) tombe. En fond de scène, on découvre des panneaux argentés suspendus sur trois niveaux qui créent une ambiance un peu électrique. C’est assez neutre, mais plutôt réussi et sert de support aux projecteurs pour créer des ambiances différentes. Le batteur s’installe au fond, les deux frères à gauche (guitariste) et à droite (bassiste), tandis qu’un musicos est là, en sus, à l’extrême droite avec un synthé et tout un tas d’autres instruments annexes. Dolores balaye le front de scène pendant l’heure quarante que dure le concert.

« Analyse » ouvre le bal. Tonique, vivant, irlandais, rock, ce titre donne le ton. Le public connaît, le public apprécie. Aérienne, la voix de Dolores tranche avec les instruments qui l’accompagnent. Son aspect à la fois diaphane et puissant me percute. Il n’aura de cesse de me percuter sur chaque chanson. Parce qu’elle les a écrites et qu’elle les a souvent éprouvées sur scène, Dolorès bénéficie d’une totale liberté dans l’adaptation scénique du répertoire. Elle fait chanter le public au bon rythme, de sorte que les chansons ne sont pas dénaturées : « You are with us. We are with you » répète-t-elle à plusieurs reprises, comme un leitmotiv (à l’image du titre « you and me » chanté en rappel). Elle s’exprime beaucoup entre les morceaux et quasi-systématiquement en français. Elle explique l’origine de l’inspiration d’une chanson « Animal instinct » fut écrite à la naissance de sa première fille. « Just my imagination » est une autre chanson post-natale sur le sacrifice de ses grasses-mâtinées des dimanches de gueule de bois. « Linger » fut la première composition du groupe. « When you’re gone » qui change de signification avec le temps et lui évoque aujourd’hui ses grands-parents disparus. Voilà le genre d’interactions qui font que le groupe n’est pas une machine à jouer de ville en ville et à engrenger des dollars, mais un artiste qui rencontre son public, avec sa sensibilité et selon l’humeur du jour. Dolores a une approche très physique de ses chansons et me laisse la même impression que Catherine Ringer (à la Cigale) il y a quelques temps. Les chansons ont un sens, et l’explication de texte passe aussi par le corps, une façon d’onduler, de marteler, de souligner un mot avec le poing ou la main ouverte. Ces deux femmes ont une approche plus nuancée des morceaux ; douceur n’est pas synonyme de faiblesse et n’est pas antinomique avec la révolte intrinsèque que représente ce mouvement musical. Ce n’est pas un rock viril débile, mais plus un cri à la fois brut et contrôlé. I like.

Les tubes s’enchaînent sans discontinuer, piochés principalement dans les deux albums les plus denses : « No need to argue » et « Bury the hatchet ». Pas rencunier, le groupe joue même « Ordinary day » que Dolores a sorti sur son premier album solo. Ils (les 4+1 larons) ont l’air de bien s’entendre sur scène. Musicalement, les interprétations montrent que les répétitions se sont bien déroulées. La magie fonctionne sur chaque morceau. Et 1h10 après le début, les premiers accords de Zombie résonnent dans le Zénith. Le public assis se lève et la fosse, déjà debout, lève les bras. Transe collective pour ce qui est l’hymne du groupe. Un hymne, tout le monde le connaît, il fait l’unanimité et transcende la salle entière. Pour U2, c’est Sunday Bloody Sunday, pour Mylène Farmer, c’est Désenchantée, pour les Rita, c’est Marcia Baila, pour Depeche Mode c’est Enjoy the Silence, et pour les Cranberries c’est Zombie. Ils ont pu se permettre de le jouer en dernier (avant les rappels) parce qu’ils ont plus d’un tube punchy dans leur sac à jouer avant et que le public n’a pas attendu Zombie pour être galvanisé par une chanson. Toujours est-il que c’était du délire. Évidemment version extended, dark à souhait et participative (what else ?). Autre particularité d’un hymne, il échappe un peu au groupe, le sens des paroles s’est dissipé. Chacun a trop entendu la chanson pour feindre de la redécouvrir en concert. Alors, il s’agit juste de se laisser bercer par l’instant. Apprécier l’harmonie de chaque note qui s’enchaîne selon un ordre magique qui nous fait revivre les moments où on l’a écouté cette chanson, où elle s’est associée à mille événements de sa vie, on était partout et à tous les moments. Cette chanson mille fois est revenue. On était seul chez soi, sur la moquette de sa chambre d’ado, dans la voiture, dans un TGV de nuit traversant la campagne, à l’autre bout du monde, hier encore au réveil ou sous la douche, dans le trajet en métro menant jusqu’à ce concert, en hésitant entre telle ou telle paire de rollers chez Go sport, après une rupture, avant une rupture, après une rencontre, avant, pendant, un jour d’anniversaire, un soir de pleine lune, en clip sur MTV, au détour d’un sourire, à l’ombre d’un chêne, au creux d’une épaule, dehors, dedans, ici, partout, et l’on ne sait plus, mais tout ça s’accumule, sédimente, et donne… du relief, à une chanson qui parle de tout sauf de ça, elle parle de guerre de morts, de haine, et pourtant elle donne du baume au cœur, parce qu’elle nous accompagne ; morbide compagnon, mais compagnon quand même ; fidèle comme une ombre, chaude comme un cœur amoureux et éternellement jeune et douce comme un sourire ami. En la jouant sur scène, il n’est pas impossible que le batteur en est la nausée, mais rien ne transparaît, la chanson se (re)constitue sous nos yeux comme au premier jour et se répercute en chacun de nous selon nos histoires respectives, avec la certitude toutefois que nous ajoutons là tous ensemble la même couche, et pas des moindres : une version live d’un groupe qui revient après 7 ans d’absence avec une Dolores en pleine possession de son incomparable voix. À la fin de cette chanson le groupe salue.

Le public se déchaîne pour rappeler les quatre irlandais, qu’il accueille au bout de 4 minutes en secouant des ballons aux couleurs de l’Irlande. Dolores apprécie. Elle chante « Shattered », « You and Me », « The journey » et… « DREAMS » (écouter ci-après et ci-contre). Cette ultime chanson est ma préférée. Tonique, vivante, irlandaise, rock, elle clôt magnifiquement le concert, comme « Analyse » l’avait commencé. Du grand art. Chapeaux bas les artistes.

PS : la playlist complète du concert est à
- lire ici : http://www.setlist.fm/setlist/the-cranberries/2010/le-zenith-paris-france-3d4a133.html
- écouter ici : http://www.jiwa.fr/#playlist/559809
(les chansons après « Dreams » n’ont pas été chantées au concert, mais méritent tout de même d’être écoutées)

The Cranberries, "Dreams" @ Zenith de Paris (22 mars 2010)

jeudi 4 mars 2010

Mylène Farmer sur les marches élyséennes

Elle sort peu. Elle se fait rare. Elle est comme ça, ce n'est pas feint: mystérieuse. Peut-être une façon de se préserver. Qu'importe. En tous les cas, cela met d'autant plus en relief ses quelques apparitions médiatiques. Dans le désert de son silence, les fans ne sont jamais repu des quelques oasis médiatiques auxquels consent la "belle rousse".
Du fait de son importante notoriété en Russie, la chanteuse fut invitée (ainsi que Patricia Kaas) par le chef de l'Etat à prendre une part au dîner officiel donné en l'honneur de M. Medvedev. Enfin un peu plus qu'une part, selon l'appétit de chacun. Pour ce genre d'événement - il s'agit tout de même d'une visite d'Etat - le protocole est immuable: on entre par la porte d'entrée! Ca peut paraître anodin, mais bon, ça veut surtout dire que tous les médias sont parqués là pour faire de belles photos en couleur bien glamour qu'on mettra dans les magazines.

Dans le cas de M.Farmer, que s'est il passé?
Jusqu'aux marches tout se passe bien: Le sourire est radieux, la robe asymétrique met parfaitement en valeur un corps que beaucoup envient, les talons hauts affinent la jambe et donne un élan de la plus grande élégance à la démarche de la chanteuse.
Mais dès la troisième marche, c'est le drame: le sourire est moins radieux, la robe bien qu'encore asymétrique ne met plus tellement en valeur quoi que ce soit (par ailleurs plus personne ne l'envie), et surtout les talons n'affinent ni n'allongent plus rien, mais tendent à ratatiner la personne dont la démarche en prend un sacré coup.

Alors que s'est-il passé?
Ce genre de catastrophe ne peut qu'être polyfactorielle. C'est exactement comme le Titanic. Il y a désastre parce qu'il y a cumul de fautes: un guet pas assez vigilant, un commandant de bord qui veut aller trop vite, un manque cruel de canots, etc. Résultat des centaines de morts. Eh bien là c'est la même chose: Les talons sont trop hauts, la robe est trop asymétrique, les portiers manquent de vigilance et de prévenance et surtout les paparazzis sont trop oppressants (Cf. Lady Di qui ne s'est jamais relevé d'une course poursuite nocturne).

Développons dans l'ordre:
1° Les cris des photographes. C'est parce qu'elle avance en regardant derrière qu'il y a chute. Comment résister aux cris des journalistes? Comment parvenir à se dire que, non, on ne se retournera pas pour monter les marches parce qu'ils ont fait assez de clichés en bas? Tourner la tête lorsque l'on est apostrophé est un réflexe humain. Il se révèle parfois lourd de conséquences.
2° Talons trop hauts: ça je pense que ce sera compris par tout le monde. Clairement en converse le drame était évité. Elle se serait peut être accroché le pied sur la cruelle troisième marche, mais elle ne se serait pas vautrée. Car oui, elle s'est bel et bien vautrée.
3° L'asymétrie de la robe. Clairement la question de la robe est posée. Ces grands bandeaux de tissus qui pendent sont co-responsables des deuxième et troisième chutes. En effet, elle prend appui sur eux en se relevant, ce qui l'empêche de pouvoir déployer entièrement sa jambe.
4° Le manque de vigilance du portier et du "mec de la sécu". Le premier est en haut des marches, le second en bas. Aucun des deux ne se sent concerné par ce qui est en train d'arriver. Ils se mettent en mouvement en même temps, au moment où il est déjà trop tard. Au final la belle rousse n'aura pas eu besoin de leur aide pour parvenir jusqu'au perron. Pas très gentlemen...

Solution numéro un?
Lorsqu'une dame se présente non accompagnée à une réception, on met à sa disposition un accompagnateur qui lui présente son bras en bas des marches et demeure à son côté jusqu'à ce que Madame soit placée.

Solution numéro deux ?
Peut-être l'Elysée pourrait-il prévoir un monte-personne sur le côté pour les personnes handicapées, mais aussi pour celles qui portent de hauts talons. Ce pourrait être un moyen ludique et efficace d'atteindre l'accueil.


En guise de conclusion je ferai quelques remarques:
_ MF pousse de délicieux petits cris absolument irrésistibles à chaque chute.
_ Les journalistes derrière leur objectif se bidonnent, ce qui est quand même le comble du mauvais goût. Mais bon, comment peut-il en être autrement?
_ Un garde républicain tourne la tête au troisième cri. Je pense qu'ils ont une consigne de ne pas ciller. J'espère que l'intrépide s'est fait limogé pour cette faute grave.

lundi 1 février 2010

Musique: Sourire sous la pluie Vs. Pleurer au soleil

Dans Rain, sa dernière sonate, le compositeur-(auteur-interprête) Michael Holbrook Penniman, Jr. (alias Mika), (prononcé Mikaaaaa), nous le dit tout net. Il n’aime pas quand il pleut. Mais alors pas du tout, du tout, du tout. Je vais laisser parler un peu le texte avant de reprendre la main :

« Baby, I hate days like this
When it Rain and Rain, it Rain and Rains
When it Rain and Rain, it Rain and Rains
When it Rain and Rain, it Rain and Rains
When it Rain and Rain, it Rain and Rains
More than this
Baby, I hate days like »

Loin de moi l’idée de procéder à une acide analyse du texte sous forme de douche froide. Tout est limpide comme de l’eau de roche ; l’idée sous-jacente surnage. Mieux ! Elle coule de source. La pluie pourrit nos vies. Sous la pluie, point de lumière, et guère d’espoir… tout est noir !

Why does it always rain on me, Travis
I can’t stand the rain, (mondialement reprise par) Tina Turner
November Rain, Guns & Roses
Purple Rain, Prince

Une petite fille, Claude Nougaro :
"Une petite fille en pleurs
Dans une ville en pluie
Et moi qui cours après
Et moi qui cours après
Au milieu de la nuit"

Gare de Lyon, Barbara :
« Paris, sous la pluie
Me lasse et m'ennuie.
La Seine est plus grise
Que la Tamise. »

Pierre, barbara:
« Sur les roses de la nuit
Il pleut des larmes de pluie.
Il pleut »

Pour rendre totalement justice à Pierre, on rappellera que Barbara dit aussi dans la chanson « Oh mon dieu que c’est joli, la pluie ». C’est là que ça devient intéressant. L’environnement météorologique est hostile, mais, comme un pied de nez, on s’évertue à être heureux. C’est un peu comme vivre une grande histoire d’amour en plein hiver. Tout nous en empêche, et pourtant, rien ne nous l’interdit. D’ailleurs la Saint Valentin approche alors pensez-y, il n’est pas encore trop tard. En y réfléchissant un peu, le choix de la date de la Saint Valentin -à la fin de l’hiver- n’est probablement pas anodin. Il s’agit de donner un objectif clair à tout un chacun. Le discours officiel dit : l’hiver sera froid, mais trouvez-vous QUAND MÊME quelqu’un pour le 14 février, sous peine d’être un célib’-à-terre. Ou pire ! Devenant la risée de vos amis qui n’oseront plus évoquer votre nom en société, vous serez un célib’-à-taire… Alors à vous de triompher de l’hiver comme Gene Kelly, amoureux, qui se rit des caprices du ciel dans Singing in the Rain ; comme les Weather Girls qui remplacent les gouttes par des mecs : It’s raining men ; ou comme Jermaine Jackson qui décrit ce qu’il ressent alors que la pluie commence à tomber : Il propose ni plus ni moins à sa partenaire de chevaucher son « arc-en-ciel » dans les cieux (voilà une attitude volontariste, nom d'une pipe) :
« And when the rain begins to fall
you'll ride my rainbow in the sky »

À l’inverse, source intarissable pour les songwriters, le soleil n’en finit pas de nous… inonder de bonheur :
Here comes the sun, The Beatles
Sea sex and sun, Serge Gainsbourg
Let the sunshine in, Hair
Sunny, Boney M

Et si on entre dans le cœur des chansons, c’est la même chose :
Emmenez moi, Charles Aznavour :
« Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil »

Mon légionnaire, de Gainsbourg :
« Qu'on s'en irait seuls tous les deux
Dans quelques pays merveilleux plein de lumière! »

L’idée c’est quand même de se casser sous les tropiques à chaque fois. Pour y faire quoi on l’ignore. Mais pour au moins voir la lumière du jour. Pourtant, le légionnaire a pris la tangente : « Il est parti dans le matin plein de lumière! ». Sans crier gare, ni rien. Sans que Serge ait pu lui avouer un Stevie-Wonderien : « you are the sunshine of my life » (Serge avait peur de le voir sourire). Dès lors, il n’y a plus qu’à rester dans le souvenir gainsbourien :
« Il y avait du soleil sur son front
Qui mettait dans ses cheveux blonds
De la lumière ! »

Conclusion :
Quand l’être aimé devient soleil, alors on peut aimer en hiver.



PS : Un couplet de Mon légionnaire en cadeau-bonus :

« Bonheur perdu, bonheur enfui
Toujours je pense à cette nuit
Et l'envie de sa peau me ronge
Parfois je pleure et puis je songe
Que lorsqu'il était sur mon coeur
J'aurais dû crier mon bonheur...
Mais je n'ai rien osé lui dire
J'avais peur de le voir sourire! »

lundi 25 janvier 2010

Beautés... destins...

25 janvier 2010, le premier jour du reste de ma vie

En ce jour où tout commence, je parlerai de tout sauf de la reprise en main de ma destinée.

Nous sommes un lundi. Depuis quelques jours, une armée de mannequins à la beauté débile remuent leur quille jour et nuit, un peu partout. Surtout dans les beaux quartiers. Pris séparément ou noyés dans un groupe de « gens normaux », on ne les verrait guère. Mais là, attroupés, migrant en banc, buvant en troupeau, ils n’échappent pas à notre attention. Ils ont la démarche chaloupée, la jambe légère, le teint diaphane. Oh, bien sûr les traits sont droits, la peau immaculée, les yeux sont grands. Tout renvoie aux critères actuels de la beauté et de la jeunesse tels que les créateurs de mode se les représentent. Le plus fascinant reste tout de même cet incroyable don pour capter la lumière et la restituer dans un halo christique. On leur donnerait le bon dieu en confession. Et on leur donnerait bien davantage d’ailleurs. Oh, il serait facile de gloser sur leur prétendue bêtise. Il est confortable de s’imaginer que le bon dieu (justement lui) donnerait à chacun alternativement beauté ou intelligence ou aucun de deux, mais jamais les deux. Ce serait ignorer que l’essentiel n’est pas donné d’avance et résulte de l’interaction qui opère (ou pas) entre deux êtres et que d’aucuns appellent le charme. Certains n’ont rien, d’autres ont tout. D’autres ont rien puis tout. D’autres ont tout puis rien. Et dans tout les cas, tout le monde finit par ne plus rien avoir. D’aucuns appellent ça la mort…

On parle de beauté et de mort. Alors oui ce sont deux concepts incompatibles. On peut avoir l’un puis l’autre, mais jamais l’un et l’autre. En la matière le temps est un ennemi plus qu’un allié. À chacun sa limite… c’est le fameux « à partir de 30 ans c’est le début de la fin ». On notera au passage que ladite limite est repoussée au fil des ans et des décennies comme un horizon que l’on atteint jamais. Ou plutôt comme un horizon que l’on sait avoir dépassé que longtemps après l’avoir dépassé. Rares sont les grands-mères qui estiment à 70 ans qu’elles sont en pleine force de l’âge. Et voyez au passage comment je dis grand-mère et pas vieille dame dans un but d’attendrissement. Je revois la femme à son rôle maternel et même grand maternel. Tout ceci est probablement extrêmement subversif. Peut-être opéré-je un retour en arrière en matière d’émancipation de la femme. D’ailleurs là encore, c’est la même chose, l’horizon n’est jamais atteint…

Je perds le fil de mon semblant de propos…

Mannequins… beauté… mort… Forcément ça évoque BB. La Bardot qu’on voit dévaler comme une tigresse dans un couloir, armée d’une laisse pour chien avec chien au bout. Et qu’on voit tomber dans le bras de Gainsbourg. Je parle ici bien sûr du film de Joann Sfar sur le grand Serge. Tout n’est pas réussi dans ce film. (Mais tout peut-il toujours l’être ?). Il apparaît parfois comme décousu. Qu’importe. Scène après scène, nos sens adhèrent à la poésie écorchée de Gainsbourg. Gainsbourg qui plaisait autant aux bourgeois qu’aux cochons, autant à l’étudiant dans sa chambre de bonne qu’au père de famille dans son 5 pièces-cuisine. Combien sont-ils ceux qui ont réussi à plaire au grand nombre en restant entier, en restant eux-mêmes. Ne tombons pas dans l’angélisme imbécile, mais affirmons ce qui est : ce qui manque le plus à notre époque c’est exactement ça. Une figure, ou des figures qui s’expriment dans le génie de leur art et qui disent les choses, telles qu’elles les perçoivent, sans craindre la critique, sans avoir peur des conséquences. Une civilisation du risque zéro est une civilisation de l’amusement zéro. « Va vers ton risque… ».

Et si ce risque, cette tension intérieure… si ce tourbillon créateur est un abîme de douleur, eh bien soit. Dieu merci, rien n’a retenu Depeche Mode de se laisser aller à ce sombre tourment. On était 17 000 le 21 janvier dernier à leur crier notre amour. Eux ont jouer leurs morceaux, simplement, mais fortement. Dave Gahan a fait ce qu’il a pu avec son organe vocal : addictions passées, avancement de la tournée et age n’ont pas aidé à propulser une voix limpide sous les hauts volumes de Bercy. Peu importe. Pour la voix on a eu de belles ballades interprêtées par Martin Gore. Eh puis le grand Dave (pas celui de Vanina, hein ?, l’autre), eh bien oui, le grand Dave Gahan, sur Enjoy the silence n’a même pas eu à chanter les refrains... son public s’en est chargé pour lui. Il est fidèle et connaisseur ce public qui goûte chaque chanson à sa juste valeur. L’apothéose attendue parvient tard, au moment du bouquet final, au moment des rappels. Ils terminent par un magnifique Personal Jesus, mais avant cela, ils entonnent un hypnotique Behind the Wheel. Qu’on m’arrête tout de suite. Que quelqu’un vienne soulever ma plume. Je pourrai en parler des heures de cette chanson. Et après ces heures de palabres, que resterait-il ? Il ne resterait rien. Il faut simplement l’entendre et même l’écouter cette chanson. Comme tout chef d’œuvre, elle est hors du temps. Elle se termine comme elle commence. Elle est une chanson sans fin, un cycle ininterrompu. Une force de la nature. Inarrêtable. Et pourquoi voudrait-on l’arrêter ? Moi je ne l’ai pas arrêtée en tout cas. A tel point qu’elle semble couler dans mes veines aujourd’hui… D’aucuns (toujours les mêmes), me diront que je risque l’over-dose. Et je répondrai bien évidemment que oui. Et que je vais vers mon risque. Parce que c’est la seule façon de vivre. Assis dans un fauteuil Louis XV, on ne vit pas, on meurt les yeux ouverts. Et l’on ne prend conscience de son agonie que lorsqu’elle parvient à son terme, ou même peut-être qu’une fois au-delà. C’est le même horizon qui avance, avance, avance jusqu’à ce qu’on réalise qu’il est derrière.

La question ne réside pas dans la vitesse de notre marche. On peut courir vers son horizon. On peut marcher vers lui. On peut parvenir à le dépasser et à vivre sa vie comme un rêve éveillé. On peut n’y parvenir pas. L’essentiel réside dans ce vers quoi l’on porte son regard. Au fond le vers de terre qui aura pris le temps de lever les yeux vers l’étoile de ses rêves ne sera-t-il pas plus heureux que la belle étoile qui aura passé sa vie à regarder sa branche cassée?

mardi 14 juillet 2009

CONCERT U2 360° Tour Stade de France - City of blinding lights

Chronique du Paradis: U2 au Stade de France le 12 juillet 2009



On a le droit de fermer les yeux. On a le droit d'oublier. On a le droit de rêver. On a le droit de ne pas tout remettre en question. On a le droit de se laisser porter par l'extraordinaire spectacle d'un groupe de rock qui s'y connaît en gigantisme.

Bien sûr ils gagnent de l'argent avec cette tournée, bien sûr faire un spectacle ça consomme de l'électricité, transporter des scènes ça consomme du gasoil, bien sûr on a respiré de l'oxygène pendant les 2h15 de concert. On a même acheté des bouteilles d'eau en plastique qu'on a mis à la poubelle après. Arghhh! C'est mal, c'est très mal. Flagellons-nous! Bien sûr Bono a défendu des causes qu'il croyait juste: Aung San Suu Kyi (prisonnière politique en Birmanie), The One Campaign (le développement en Afrique, la lutte contre le sida), un hommage à Michael Jackson aussi. Alors on peut voir le mal partout. On peut dire qu'il en fait trop, qu'il triche, que c'est de la com, machin toussa.

Mais on peut aussi parfois rester simple et penser qu'on a le droit de vivre (inspirer de l'O2 et rejeter du CO2) et que Bono est sincère dans son engagement. Ce groupe produit un spectacle grandiose, envoie son public dans de jouissives hauteurs stratosphériques et, en sus, fait passer d'importants messages de paix et d'amour. Ce n'est quand même pas une honte que d'avoir l'esprit bien tourné de temps en temps. La scène (modulable) est impressionnante et indispensable pour que la sauce U2 prenne. 95'000 personnes qui reprennent en choeur sur n'importe quel morceau, c'est ce qu'on peut appeler une réussite. Plus de deux heures durant, deux soirs de suite au Stade de France (plus Nice demain), 23 chansons, dont 7 du dernier album. Le public est aux anges et en redemande. Qui peut en dire autant?



vendredi 26 juin 2009

Michael Jackson s'envole. Billie Jean est Orpheline. Nous aussi.

Devant le surgissement d’un choc interplanétaire, les veillées funèbres sont télévisuelles. Michael Jackson était un génie (visionnaire), une star (planétaire voire interplanétaire), une icône (au sens James Dean et Marilyn Monroe du terme). Il a révolutionné la pop musique, la danse et les chorégraphies, le vidéoclip. Après des années à remplir les pages de faits divers, à 50 ans, il parvenait à faire l’actualité pour ses talents artistiques puisqu’il devait remonter sur scène après 12 ans d’absence. Le génie retrouvait toute son aura. On oubliait les accusations dont il fut victime. C’était le retour du grand Michael, l’éternel. Mais hier il est mort brutalement : Blood is on the Dancefloor.

Parce qu’il était hors du commun, parce qu’il était présent dans nos vies personnelles par sa musique qui a ponctué et égayé notre existence, et parce qu’il est parti brutalement, l’annonce de sa mort constitue un événement dont chacun se souviendra longtemps (Do you remember the time ?). Comme Lady Di et les attentats du World Trade Center. Qui ne connait pas Michael Jackson ? Qui n’a pas envie de danser aux premières notes de Beat It ? N’atteignait-il pas l’universel par ses compositions ? Son moonwalk ne fascine-t-il pas la Planète entière ? N’était-il pas extra-terrestre ? Dès l’époque des Jackson Five, il danse comme un dieu, c’est inné, c’est miraculeux, il avait 8 ans, l’âge du petit Mozart qui composait ses premiers menuets. En 40 ans de carrière il atteint le firmament du firmament. Mais l’icône n’est pas éternelle. Leur mort nous rappelle qu’ils sont mortels. D’où le choc. Et l’effroi : Thriller.

Alors on va se sur-saturer de Michael Jackson pendant quelques jours. Tout y passera, dans l’ordre : la veillée funèbre télévisuelle, le visionnage de tous ses clips, l’écoute de toutes ses chansons (partout, jour et nuit : ipod, taf, voiture, maison, discothèque), l’évocation de l’artiste dans toutes les discussions, les journaux, les télés, les radios, la vie privée, la vie publique, tout ! En plus ça retombera. Mais parce que c’est une icône légendaire sublime, il reviendra vite et ne disparaîtra jamais. Ses musiques ne cesseront pas d’être diffusées partout, d’être remixées, on dansera en boîte, on l’imitera et on s’en inspirera. You rock our world and Heal the world.

Billie Jean est orpheline. Nous avec.

mercredi 10 juin 2009

Barbara, dis, quand reviendras-tu?


Barbara aurait eu 79 ans aujourd’hui. Juliette Greco, 82 ans, survivante du Saint-Germain-des-prés des fifties-sixties, se produit encore sur scène. Alors je me dis que c’est dommage. Pas dommage que la Greco chante encore*, mais dommage que Barbara ne chante plus, ou tout le moins, n’écrive plus. On me dira : « Oui, mais il y en a d’autres… » Certes, d’autres écrivent et chantent, mais qui le fait avec autant de grâce ? Des textes profonds sur des musiques légères, des chansons tristes, des chansons gaies, en tous les cas des chansons qu’elle ne chante que pour nous, comme si elle nous avait trouvé le plus court chemin entre l’oreille et le cœur. Quand d’autres s’enfument derrière leurs paroles, multipliant les phrases, nous en proposant beaucoup trop pour que quelques-unes tombent juste, elle reste légère et vient en trottinant nous révéler à nous-mêmes.
Brel, Brassens, Barbara, tous les trois écrivent leurs textes, tous les trois se font connaître à la trentaine dans des cabarets parisiens de l’après-guerre et tous les trois meurent plus tôt que la normale.

Conclusions :
1° Les télé-crochets sélectionnent des candidats trop jeunes, et souvent trop cons, ce qui est gênant.
2° Nous vivons un post-modernisme où la crise économique se mêle à un apocalyptique environnementalisme-post-industriel. En résumé, notre horizon est bas, innocence et espérance relèvent de la prouesse. Comment jouer dans un piano bar et chanter la vie comme elle va dans un tel contexte ? Un horizon bas, pour les vieux, c’est pas grave, ça reflète leur intérieur, d’ailleurs eux-mêmes deviennent de plus en plus bas. Mais pour les jeunes, c’est mortel. Alors, à la foule sentimentale que nous sommes, il ne reste plus qu’à écouter Alain Souchon en ne mettant pas la musique trop forte pour ne pas consommer trop d’électricité : faut faire gaffe à la Planète les mecs !



* Mais oui, dommage qu’elle prenne position pour la loi Hadopi. Comment être aussi frileux ? Peut-être l’âge justement.

lundi 23 février 2009

Joe Cocker - Many rivers to cross

Parce qu'à nous tous, chômeurs pénitents il nous faut franchir les ASSEDIC Rivers