mardi 2 juin 2009

Arène, gladiateurs et aquaplanning ! (C'est pire qu'Intervilles)

Les avions qui s'écrasent c'est terrible. Quiconque a pris l'avion a envisagé le pire pour lui une fois en l'air. Alors forcément quand ça arrive... on se dit que... ça arrive! Et c'est HORRIBLE, indicible tellement c'est atroce.
Ce soir, les JT ont montré des images poignantes des familles des victimes à Roissy, aéroport de destination. Le vol était encore inscrit comme "arrivant avec retard". Les visages étaient décomposés. Leur a-t-on demandé s'ils donnaient leur accord pour entrer, via la lucarne, dans le salon de la France entière... pas sûr. A quelles fins ces images-choc? Toujours la même chose, depuis que les romains vont applaudir les gladiateurs. Voir la souffrance de près. S'apitoyer. Et se sentir bien vivant. Se sentir une communauté, unie par une catastrophe (lien social!). On regrettera que la catastrophe écologique a venir ne produise pas les mêmes effets. C'est qu'on n'a pas encore d'images choc et que c'est du prospectif.
Mais pourquoi, Grand Dieu, pourquoi est-ce qu'on n'a toujours pas compris qu'une vie humaine est une vie humaine, qu'elle soit philippine ou française. Alors on procède au décompte des passagers du malheureux vol. Il y avait une majorité de Français. La nouvelle est donc d'autant plus triste. C'eût été uniquement des brésiliens, pas d'ouverture de JT. Juste bons à danser avec une plume dans le cul pour le Carnaval de Rio et à se faire refaire les seins pour leur anniversaire. Que c'est rassurant de rester dans ce qu'on connaît, petite fenêtre atrophiée; un monde immuable, codé: l'Afrique a faim et n'est pas encore entrée dans l'histoire, les brésiliens ont des seins refaits, les canadiens ont froid et ont un accent qui craint, les arabes sont des kamikazes et les noirs sont suspects, quant au Moyen-Orient... ralala quand est-ce qu'ils arrêtent leur guerre là... on dirait qu'ils aiment ça, les chinois ils sont petits et travaillent tout le temps, et les japonais... etc. etc., et les francs-maçons... ils tiennent la France, non? (A chaque semestre, tous les hebdos les plus sérieux en font une Une. Théories du complot, toussa toussa. Hitler savait s'en inspirer aussi).
Puis les reportages s'enchaînent. Rapidement on tombe sur des hommes politiques qui sortent leur plus belle tête d'enterrement. Dixit Bussereau (le sieur est ministre): "Prions".
On paye une redevance et il ne nous est même pas fourni la bassine qui va avec. On va quand même pas se vomir sur les chaussures...

vendredi 29 mai 2009

L'arène médiatique... l'arène déconne !


Frédéric Lefebvre s’est encore illustré cette semaine. L’idée est simple : vomir une idée saugrenue dans la tambouille médiatique le lundi, et laisser l’espace public de la semaine se remplir des réactions des uns et des autres. Ca s’appelle agiter un chiffon rouge (Cf. photo*) et ça évite de parler des sujets qui fâchent (les élections européennes ?). Pour être efficace, comme ce fut le cas cette semaine, il faut proférer une énormité**. La simple erreur ou le lapsus n’y suffisent pas. Alors il faut dire une bêtise plus grosse que soi, et que tout le monde puisse s’en offusquer, y compris dans son propre camp. Ce qui est regrettable c’est que les médias ne prennent aucun recul sur les déclarations de Lefebvre et démarrent au quart de tour cette pseudo polémique qui fait boule de neige en 24h. A courir derrière le sensationnalisme, qui garantit de grosses audiences, les journalistes oublient le cœur de leur métier, à savoir le regard critique. Instinct de survie d’une espèce en voie de disparition.

* Notons au passage que si Lefebvre agite le chiffon, c'est que la France est un taureau, ce qui contrecarre la vision gaullienne des Français perçus comme des veaux. A suivre.

** Enormité de la semaine: Travailler pendant ses jours de congé (maladie, maternité, etc.). Ce qui est donc l'inverse de la définition du congé. Il fallait y penser.

jeudi 14 mai 2009

Pape (et consorts) au pied du Mur !


Le Pape est parti en tournée au Proche-Orient. Il y rencontre les Grands Schtoumpfs des principales religions monothéistes. Comme ses prédécesseurs, il ne visite pas le mémorial de la Shoah, pour éviter d’avoir à justifier l’attitude du Vatican pendant la Seconde Guerre Mondiale. D’autant que Benoît, ex Jeunesse hitlérienne, approuve benoîtement la béatification du pape de l’époque : Pie XII, dont une photo est accrochée au mémorial de la Shoah. Benoît n’as pas très envie de passer devant. Comme quoi il n'assume pas complètement.
« Cachez donc ce saint que je ne saurais voir ».

Ainsi, Benoît a posé le pied sur une terre considérée comme sainte par les principales religions monothéistes. Prétendument saint, ce territoire n’est en rien un sanctuaire puisqu’il est, aux yeux du monde, davantage source de conflits que concentration des spiritualités.

Alors il est où le problème ? Benoît, lui, il est tranquille, il habite à Rome, peinard, dans son Etat souverain qui siège à l’ONU et qui n’est composé que du curés. Il a sa place au soleil. Le Saint-Siège fait ses bains de siège dans la capitale italienne. Il a son bout de territoire terrestre que personne ne lui conteste. Mais les deux autres, ils veulent la même chose, aux mêmes endroits. Cependant je m’interroge. Pourquoi un tel acharnement, sachant que :
- Si on est croyant, ce qui importe c’est davantage sa place dans l’au-delà que la latitude à laquelle on traverse sa vie terrestre. N’est-on pas plus proche d’Abraham, Moïse, JC et consorts en étudiant leur vie, leurs préceptes et respectant l’esprit de leur passage terrestre, qu’en cherchant à s’agglutiner sur les terres qu’ils ont foulé et mouillé de leur sang ? Ou bien on se lance dans la concurrence des martyrs.
- Dieu (ou YHWH, ou Allah) n’a pas décrété que tel territoire serait plus saint qu’un autre. La dernière fois je suis tombé sur une chapelle perdue sur un plateau du Vercors, à 1000m d’altitude. La foi ça se transporte, il paraît même que c’est si léger que ça suit l’âme quand elle monte au ciel, c’est pas un boulet vissé aux rives de la Mer Morte.

Conclusion : Aimez-vous les uns les autres et inch’Allah alleluia !

Conclusion (2): Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais en regardant bien la photo de Ben16, je trouve que le Pape, en habit, il ressemble à un champignon, avec la collerette et le chapeau. Tout quoi !

Conclusion (3):
Les saint Jean bouche d'or qui prêchent le martyr
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J'en conclus qu'ils doivent se dire, en aparté
"Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"

www.dailymotion.com/video/x1h2po_mourir-pour-des-idees_music


samedi 2 mai 2009

Vautour, canard ! (Poet, poet)

Panique générale en occident, on va tous chopper la grippe. On s'occupera des meurt-de-faim après. En attendant on va tous mettre nos masques-canard.

mardi 28 avril 2009

Psychose, Joker et Angelo Pardi !



La grippe porcine touche les humains. Les mots sont trompeurs. Ou alors elle ne touche que les humains qui reçoivent le qualificatif de « porc » par leurs pairs. Ça serait trop facile. Et puis peut-on être un porc dans l’absolu, aux yeux de tous et pour toujours ? Probablement pas. On est « porc » à un moment donné et aux yeux de certains, avec de bonnes ou de mauvaises raisons.

Ainsi la grippe cochonne touchera ses cibles aléatoirement, chaotiquement, au hasard. Et ce d’autant plus que l’on vit dans un monde ouvert (tous les ans, un milliard de personnes prennent l’avion). Les frères humains partagent tout. Les joies et les peines. On a vu Babeth II se faire mettre une couronne sur la tronche, les Américains marcher sur la Lune, les New Yorkais courir dans le vacarme de tours qui tombent, les Asiatiques se noyer sous un tsunami, les Chinois s’accrocher des médailles d’or autour du coup. Aujourd’hui on voit les Mexicains revêtir des masques et l’on sait que ce n’est pas une coquetterie de nippons parisiens polluto-névrotiques. Devra-t-on faire de même ? Tous, autant que nous sommes, nous grimer en Docteur Doug, organiser des soirées façon Urgences ?

Tel Joker de The Dark Knight ne révélant pas ses plans, le virus frappera anarchiquement semant au mieux le trouble, au pire la psychose : cloîtré chez soi, ne réduit-on pas les risques de contamination ? Curieux retournement de situation. La récession économique a fait marcher au pas l’homo œconomicus, trop affolé qu’il était de rejoindre le troupeau des brebis galeuses au chômage : « Dégoter un stage est un luxe aujourd’hui monsieur ». Mais finalement, finalement, on en oubliait l’essentiel, il y a quelque chose au dessus de l’homo œconomicus, il y a l’homo sapiens sapiens encore vivant. On ne va quand même pas s’excuser d’être en vie, mais on se doit de porter haut le flambeau de l’humanité.

Jean Giono dans Le Hussard sur le toit (ou comment une épidémie peut être vécue romantiquement) :
« Nous ne savons pas ce qui nous attend sinon que, d’après ce que nous avons déjà vu ce sera sans doute coton. Tâchons d’être à la hauteur des événements. »
« Le choléra est une saloperie, mais le reste est une saloperie encore pire. Ne faites pas le cocardier. »

mercredi 22 avril 2009

Les Chauffeurs de la Drôme


Il y a un siècle exactement, des brigands de grand chemin semaient la terreur à travers le pays. Parmi les plus célèbres on trouve les « chauffeurs de la Drôme » qui assassinèrent 18 personnes âgées après leur avoir soutiré leurs économies. Méthode employée pour forcer les vieux à avouer où se cachent les bas de laine ? Leur brûler les pieds. D’où le charmant surnom : « chauffeurs de la Drôme ».


C’est toujours curieux de s’imaginer le mode de vie de nos arrière-arrière-grands-parents, en 1909.
Pas d’électricité : donc pas d’ordi, pas d’Internet, pas de Facebook. Certes, mais aussi : des rues mal éclairées, pas de sèche cheveux, et bien sûr : aucun électro-ménager : lave-linge, lave-vaisselles, four, etc.
Pas de droit de vote pour madame, pas grand-chose de permis pour madame d’ailleurs
Pas d’études supérieures, pas de perspectives de carrière réelle
Pas un seul jour de congés payés, mais, grand progrès, la semaine de 6 jours vient juste d’être votée, ainsi que la journée de 10h (donc semaine de 60h)
Peu de transports : pas de voitures, pas d’avion, pas de TGV, peu de train, guère de calèche à grande vitesse…
Pas vraiment d’information : des journaux certes… mais pas de radio, rien.



Qu’on ne vienne pas nous sortir que l’insécurité c’est nouveau et que ça demande des moyens supplémentaires et qu’on n’a qu’à accepter de réduire nos libertés individuelles sous ce prétexte. Agir oui, mais faut pas pousser mémé dans les orties.

lundi 20 avril 2009

Entre Les Murs Vs. La Journée de la Jupe


Deux films sur l'école, à l'intérieur de l'école: deux profs de français dans des collèges difficiles: un homme, une femme.

Dans Entre les murs, François Bégaudeau ne parvient à rien face à ses élèves, rien ne passe, la barrière de la langue est infranchissable, d'un côté comme de l'autre. Jamais le prof ne trouve la clé de l'équation à trop d'inconnues qui lui permettrait de délivrer un cours à une classe qui s'y refuse. Le film en reste là: incommunicabilité des êtres, échec de l'intégration, collision d'un habitus quartier difficile sur le mur bourgeois de l'Education Nationale.

Confrontée à la même situation, dans La Journée de la Jupe, Adjani va entreprendre un geste fou pour débloquer la situation. Droite dans ses bottes, femme dans sa jupe, prof dans sa tête, elle dégaine. Non, elle n'ôte pas sa gaine (film tout public). Elle braque son flingue sur la classe. La classe ! Et elle parvient à parler de Molière. L'écoute devient nécessaire, obligatoire, vitale. Le film est une réussite. Les acteurs sonnent juste, l'humour se faufile tout au long du film, notamment grâce à Jackie Berroyer qui incarne Le Principal du collège, pas à la hauteur.
Conclusion: on y court, si on trouve un cinéma qui le passe. Sinon on attend la redif d'Arte. Pour les plus courageux d'entre vous qui ne craignez pas de vous attirer les foudres ni la fougue de la belle Christine Al-Banel... téléchargez! (légalement of course).