samedi 14 février 2009
dimanche 8 février 2009
jeudi 5 février 2009
Ce que veut le vieux...
Tout à l'heure dans le métro j'étais en train de lire La Promesse de l'aube et j'ai vu un vieux.
En le voyant je me suis dit... Tiens, voilà typiquement un vieux auquel j'aimerais ressembler quand je serai vieux. Alors c'est pas facile de comprendre le vieux. Je pense qu'on ne peut se faire une idée de ce que c'est que d'être vieux qu'une fois qu'on est vieux. Souvent je les regarde et je me demande bien à quoi ils peuvent penser. Ont-ils des préoccupations uniquement géronto-centrées? Dans le genre:
_ Mince mes bas de contention sont en train de se filer
_ Tiens il faut que je pense aux chrysanthèmes pour l'enterrement de Monique
_ Crotte, j'ai sauté une ligne à mon tricot
_ Oh ça me fait penser que j'ai pas regardé les pages carnet dans la gazette d'aujourd'hui
_ Zut, je vais sonner si je passe sous le portique à cause de ma hanche en acier
_ Est-ce que j'ai bien fait le virement pour la convention obsèques?
_ On n'y voit rien sur ces radios, moi je suis sûr qu'il va très bien ce rein
_ Oh oui, avant que j'oublie, il faut qu'achète le colle-à-dents qu'on a vu aux réclames à la télé après motus
_ C'est Marcel qui s'occupe de la buvette à la réunion des Anciens de l'AS Bilboquet, on va encore se mettre une race
_ Y'a Patrick Sébastien à la télé ce soir. Il est bien ce Sébastien. Bien sûr il charrie parfois, mais il est gentil. Par contre il a pris un peu...
_ Et cette pauvre Yolande qui failli glisser sur un domino à l'association du Soleil couchant tout à l'heure... Ciel, qu'est-ce qu'on a ri
_ En attendant j'ai bien éclaté Giselle et Lucien au rami la semaine dernière. Mais je suis sûr qu'il sort des cartes de sa manche le Lulu. C'est un filou celui-là. Déjà en 55 il avait réussi à se faire réformer parce que soit disant il avait une jambe plus courte que l'autre. C'est nul, elles touchent toutes par terre. Par contre maintenant il a un oeil qui s'ouvre moins que l'autre, ça c'est vrai.
Donc oui, je suis tombé sur un vieux qui m'a donné envie d'être vieux. Lui je suis sûr qu'il était en train de penser à quelque chose de plus spirituel grâce à toute son expérience de vie et tout et tout. A l'âge où les examens que l'on passe ne sont plus universitaires mais médicaux. A l'âge où si on se retourne sur vous, ce n'est pas pour vous draguer mais pour vous tirer de la thune. A l'âge où la boîte aux lettres ne contient votre abonnement à "Jeune et jolie", mais le supplément gratuit de Dentier Magazine. A l'âge où regarder Allô Docteur sur France 5 ne vous fait plus rire, mais vous affole... Déjà un peu ailleurs, ne devient-on pas plus sage?
Enfin je dis ça alors même que j'étais en train de lire l'inverse dans le roman de Gary, p116:
"Les hommes âgés n'ont jamais eu d'ascendant sur moi, je les ai toujours considérés comme étant hors jeu et leurs conseils de sagesse me semblent se détacher d'eux comme des feuilles mortes d'une cime sans doute majestueuse, mais que la sève n'abreuve plus. La vérité meurt jeune. Ce que la vieillesse a "appris" est en réalité tout ce qu'elle a oublié, la haute sérénité des vieillards à barbe blanche et au regard indulgent me semble aussi peu convaincante que la douceur des chats émasculés et, alors que l'âge commence à peser sur moi de ses rides et de ses épuisements, je ne triche pas avec moi-même et je sais que, pour l'essentiel, j'ai été et ne serai plus jamais."
En le voyant je me suis dit... Tiens, voilà typiquement un vieux auquel j'aimerais ressembler quand je serai vieux. Alors c'est pas facile de comprendre le vieux. Je pense qu'on ne peut se faire une idée de ce que c'est que d'être vieux qu'une fois qu'on est vieux. Souvent je les regarde et je me demande bien à quoi ils peuvent penser. Ont-ils des préoccupations uniquement géronto-centrées? Dans le genre:
_ Mince mes bas de contention sont en train de se filer
_ Tiens il faut que je pense aux chrysanthèmes pour l'enterrement de Monique
_ Crotte, j'ai sauté une ligne à mon tricot
_ Oh ça me fait penser que j'ai pas regardé les pages carnet dans la gazette d'aujourd'hui
_ Zut, je vais sonner si je passe sous le portique à cause de ma hanche en acier
_ Est-ce que j'ai bien fait le virement pour la convention obsèques?
_ On n'y voit rien sur ces radios, moi je suis sûr qu'il va très bien ce rein
_ Oh oui, avant que j'oublie, il faut qu'achète le colle-à-dents qu'on a vu aux réclames à la télé après motus
_ C'est Marcel qui s'occupe de la buvette à la réunion des Anciens de l'AS Bilboquet, on va encore se mettre une race
_ Y'a Patrick Sébastien à la télé ce soir. Il est bien ce Sébastien. Bien sûr il charrie parfois, mais il est gentil. Par contre il a pris un peu...
_ Et cette pauvre Yolande qui failli glisser sur un domino à l'association du Soleil couchant tout à l'heure... Ciel, qu'est-ce qu'on a ri
_ En attendant j'ai bien éclaté Giselle et Lucien au rami la semaine dernière. Mais je suis sûr qu'il sort des cartes de sa manche le Lulu. C'est un filou celui-là. Déjà en 55 il avait réussi à se faire réformer parce que soit disant il avait une jambe plus courte que l'autre. C'est nul, elles touchent toutes par terre. Par contre maintenant il a un oeil qui s'ouvre moins que l'autre, ça c'est vrai.
Donc oui, je suis tombé sur un vieux qui m'a donné envie d'être vieux. Lui je suis sûr qu'il était en train de penser à quelque chose de plus spirituel grâce à toute son expérience de vie et tout et tout. A l'âge où les examens que l'on passe ne sont plus universitaires mais médicaux. A l'âge où si on se retourne sur vous, ce n'est pas pour vous draguer mais pour vous tirer de la thune. A l'âge où la boîte aux lettres ne contient votre abonnement à "Jeune et jolie", mais le supplément gratuit de Dentier Magazine. A l'âge où regarder Allô Docteur sur France 5 ne vous fait plus rire, mais vous affole... Déjà un peu ailleurs, ne devient-on pas plus sage?
Enfin je dis ça alors même que j'étais en train de lire l'inverse dans le roman de Gary, p116:
"Les hommes âgés n'ont jamais eu d'ascendant sur moi, je les ai toujours considérés comme étant hors jeu et leurs conseils de sagesse me semblent se détacher d'eux comme des feuilles mortes d'une cime sans doute majestueuse, mais que la sève n'abreuve plus. La vérité meurt jeune. Ce que la vieillesse a "appris" est en réalité tout ce qu'elle a oublié, la haute sérénité des vieillards à barbe blanche et au regard indulgent me semble aussi peu convaincante que la douceur des chats émasculés et, alors que l'âge commence à peser sur moi de ses rides et de ses épuisements, je ne triche pas avec moi-même et je sais que, pour l'essentiel, j'ai été et ne serai plus jamais."
mercredi 28 janvier 2009
Et si en plus y'a personne
Allô service abonnés UGC?
Allô Alice?
Oui mais non ça va pas être possible.
30 minutes d'attente à la poste pour retirer un colis, c'est possible? Oui? Ouf!
C'est la luuuuuutte finaaaale.
Mais pourquoi ça marche jamais du premier coup?
Non monsieur, je suis désolé, le cordon de raccordement n'était pas vendu avec, mais le moins cher que nous ayons est à 39.95 eur. Je vous fais un paquet cadeau?
Et ta soeur elle me fait un paquet cadeau?
Non monsieur, les frais d'inscription sont en fait payants. L'offre se terminait le 2 janvier.
Ah bon? J'ai pas ça d'écrit sur mon papier moi. Allô? Allô?
Non monsieur, en dessous de 16 eur. on ne prend pas la carte bleue.
Oui non les chèques c'est pas possible non plus.
Non monsieur, je ne peux pas vous reprendre votre veste. C'est échangeable, mais pas remboursable au delà du 2e jour après l'achat. Et après le 4e jour c'est ni l'un ni l'autre. Après le 10e jour, si vous venez nous rendre votre veste on la conserve en caution, on vous menotte et vous bâillonne avant de vous enfermer à tout jamais dans les cabines d'essayage...
_ Ah oui quand même... Bon alors appelez moi un responsable.
Mais le problème avec ces World Comapanies, c'est qu'on parle aux tentacules de la pieuvre et que jamais on voit le "cerveau" trop occuper qu'il est à nous mettre dans la panade pour s'assurer son taux de croissance qui lui assurera son bonus annuel. Alors on rame. Mais on rame tout autant que le salarié de tout en bas qui n'a ni la motivation, ni la possibilité de faire un geste. Et moi le geste que j'aurais envie de faire il est pas joli.
La dernière fois je suis allé dans un magasin non franchisé. Si, si ça existe encore. Ca m'a fait bizarre d'être reçu avec le sourire.
Allô Alice?
Oui mais non ça va pas être possible.
30 minutes d'attente à la poste pour retirer un colis, c'est possible? Oui? Ouf!
C'est la luuuuuutte finaaaale.
Mais pourquoi ça marche jamais du premier coup?
Non monsieur, je suis désolé, le cordon de raccordement n'était pas vendu avec, mais le moins cher que nous ayons est à 39.95 eur. Je vous fais un paquet cadeau?
Et ta soeur elle me fait un paquet cadeau?
Non monsieur, les frais d'inscription sont en fait payants. L'offre se terminait le 2 janvier.
Ah bon? J'ai pas ça d'écrit sur mon papier moi. Allô? Allô?
Non monsieur, en dessous de 16 eur. on ne prend pas la carte bleue.
Oui non les chèques c'est pas possible non plus.
Non monsieur, je ne peux pas vous reprendre votre veste. C'est échangeable, mais pas remboursable au delà du 2e jour après l'achat. Et après le 4e jour c'est ni l'un ni l'autre. Après le 10e jour, si vous venez nous rendre votre veste on la conserve en caution, on vous menotte et vous bâillonne avant de vous enfermer à tout jamais dans les cabines d'essayage...
_ Ah oui quand même... Bon alors appelez moi un responsable.
Mais le problème avec ces World Comapanies, c'est qu'on parle aux tentacules de la pieuvre et que jamais on voit le "cerveau" trop occuper qu'il est à nous mettre dans la panade pour s'assurer son taux de croissance qui lui assurera son bonus annuel. Alors on rame. Mais on rame tout autant que le salarié de tout en bas qui n'a ni la motivation, ni la possibilité de faire un geste. Et moi le geste que j'aurais envie de faire il est pas joli.
La dernière fois je suis allé dans un magasin non franchisé. Si, si ça existe encore. Ca m'a fait bizarre d'être reçu avec le sourire.
lundi 26 janvier 2009
Entre chien et loup, tous les chats son gris...
C'est bien connu, à 6h du matin les couche-tôt croisent les couche-tard. Les travailleurs croisent les oisifs. Les laborieux croisent les paresseux. Mais on est en droit de se demander qui est le plus à envier. Quel est le plus grand sacrifice? Ne pas voir la lumière du soleil, ou ne pas voir la lumière des boules à facettes?
Au contraire de la vie nocturne, la vie diurne a un goût de déjà-vu, quelque chose d'attendu. La nuit consacre l'éphémère, l'hédonisme à tout prix, l'amusement, le rire, le plaisir, la fête, l'oubli. Tout se mélange comme les boissons dans le shaker. Chacun glisse doucement dans l'autre réalité, en utilisant les moyens qu'il peut, légaux ou non. Il semble que d'autres lois régissent la vie de nuit. Tout est permis avec le portefeuille ouvert. Comme l'aveugle qui tâtonne avec sa canne blanche, durant sa blanche nuit à lui, le noctambule avance la mastercard à la main, passe-partout universel. Avec la CB pour guide, les portes s'ouvrent, les bouchons sautent, les amis affluent, les effluves refluent, les lumières pleuvent et la musique inonde le tout. Le jeu de la séduction peut commencer. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. C'est ce que vendent les lieux de la nuits: bars, boîtes, bar-boîtes, clubs privés... La réputation de l'endroit tient à la qualité des brochettes de viandes qui s'y rendent. Un vivier de qualité justifiera des prix élevés et une sélection avouée par le portier. Alors une fois à l'intérieur, autant rentabiliser. Hédonisme, oubli, amusements... Les fourmis diurnes dorment à poing fermé quand les cigales nocturnes papillonnent autour de la boule à facettes, miroir aux alouettes... pirouettes, cacahuètes...
Ca bouge beaucoup, ça remue même, ça brasse de l'air. Mais à l'aube on n'a pas avancé d'un pouce. On n'a rien construit, trop occupé qu'on était à gesticuler. On ne voit rien, on n'entend rien ... Pupilles et tympans humains ne sont pas fait pour ça, alors il ne fallait pas s'attendre à autre chose. Dans un ensemble sur-saturé, on pourra remuer autant qu'on voudra, rien n'en sortira. Des amitiés nocturnes, des amourettes de boule à facettes, des projets, des sourires et discussions de fumoir dans le noir, il ne restera rien au matin. Non, rien de rien. On ne regrette rien. Et s'il en restait quelques chose, infime bribe, on voudrait l'oublier.
Alors certains sous la boule à facettes joue les doubles-facettes. Doubles-faces façon Batman bien sûr, façon scotch aussi pour les plus collants. Ils tentent de devenir autre, à l'aise, détendu, amuseur désinhibé, grand prince reconnu. Vaine tentative qui achève sa nausée aux toilettes et dans le taxi. Non pas sur les sièges en cuir monsieur.
Voilà on est arrivé, 40 euros s'il vous plaît.
Au contraire de la vie nocturne, la vie diurne a un goût de déjà-vu, quelque chose d'attendu. La nuit consacre l'éphémère, l'hédonisme à tout prix, l'amusement, le rire, le plaisir, la fête, l'oubli. Tout se mélange comme les boissons dans le shaker. Chacun glisse doucement dans l'autre réalité, en utilisant les moyens qu'il peut, légaux ou non. Il semble que d'autres lois régissent la vie de nuit. Tout est permis avec le portefeuille ouvert. Comme l'aveugle qui tâtonne avec sa canne blanche, durant sa blanche nuit à lui, le noctambule avance la mastercard à la main, passe-partout universel. Avec la CB pour guide, les portes s'ouvrent, les bouchons sautent, les amis affluent, les effluves refluent, les lumières pleuvent et la musique inonde le tout. Le jeu de la séduction peut commencer. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. C'est ce que vendent les lieux de la nuits: bars, boîtes, bar-boîtes, clubs privés... La réputation de l'endroit tient à la qualité des brochettes de viandes qui s'y rendent. Un vivier de qualité justifiera des prix élevés et une sélection avouée par le portier. Alors une fois à l'intérieur, autant rentabiliser. Hédonisme, oubli, amusements... Les fourmis diurnes dorment à poing fermé quand les cigales nocturnes papillonnent autour de la boule à facettes, miroir aux alouettes... pirouettes, cacahuètes...
Ca bouge beaucoup, ça remue même, ça brasse de l'air. Mais à l'aube on n'a pas avancé d'un pouce. On n'a rien construit, trop occupé qu'on était à gesticuler. On ne voit rien, on n'entend rien ... Pupilles et tympans humains ne sont pas fait pour ça, alors il ne fallait pas s'attendre à autre chose. Dans un ensemble sur-saturé, on pourra remuer autant qu'on voudra, rien n'en sortira. Des amitiés nocturnes, des amourettes de boule à facettes, des projets, des sourires et discussions de fumoir dans le noir, il ne restera rien au matin. Non, rien de rien. On ne regrette rien. Et s'il en restait quelques chose, infime bribe, on voudrait l'oublier.
Alors certains sous la boule à facettes joue les doubles-facettes. Doubles-faces façon Batman bien sûr, façon scotch aussi pour les plus collants. Ils tentent de devenir autre, à l'aise, détendu, amuseur désinhibé, grand prince reconnu. Vaine tentative qui achève sa nausée aux toilettes et dans le taxi. Non pas sur les sièges en cuir monsieur.
Voilà on est arrivé, 40 euros s'il vous plaît.
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