lundi 30 juin 2008
Voleur de Nuit s'envole aux USA
Le Midwest dans toute sa splendeur. Des champs de mais, des desperate housewives et des sheriffs...
jeudi 26 juin 2008
Cet été, lisez un Romain Gary, ou plusieurs : "La Vie devant soi", "Gros-Câlin", "L'Angoisse du roi Salomon"
"La porte était coincée. Ou c'était peut être moi. Quelque chose était absolument coincé en tout cas." Une chose est sûre, après la lecture d'un des trois ouvrages sus-cités de Romain Gary, on se sent moins coincé et même libéré de quelque chose qui nous pesait et dont on ignorait l'existence. Le style est agréable, chaque phrase déploie son humour et sa profondeur. Chacun des trois bouquins aborde avec une grande sensibilité des questions diverses et fondamentales : l'amour, la mort, le monde, la vieillesse, l'histoire, le racisme, la fraternité, la différence, l'oubli...
Dans La Vie devant soi, Romain Gary nous immerge dans les pensées du petit Momo, à peine 10 ans, pas vraiment gâté par la vie, mais à la sensibilité plus qu'attachante. Fils de pute recueilli par Mme Rosa, une très vieille juive ex-prostituée, les liens qui se tissent entre eux deux sont magnifiques. Entre rires et larmes !
"Quand elle marchait, c'était un déménagement"
"- C'est là que je viens me cacher quand j'ai peur. - Peur de quoi, Madame Rosa ? - C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur, Momo. Ça, j'ai jamais oublié, parce que c'est la chose la plus vraie que j'aie jamais entendue. "
" sommeil du juste... Je crois que c'est les injustes qui dorment le mieux, parce qu'ils s'en foutent, alors que les justes ne peuvent pas fermer l'oeil de la nui et se font du mauvais sang pour tout'
Dans Gros-Câlin, Romain gary glisse le lecteur dans la peau de Monsieur Cousin, modeste employé de bureau sans prétention, qui se sent bien seul dans une métropole comme Paris et qui trouve dans un python la compagnie que le monde citadin lui refuse. Remarquable ouvrage
"D'ailleurs, mon problème principal n'est pas tellement mon chez-moi mais mon chez-les-autres. La rue. (...) il y a dix millions d'usagés dans la région parisienne et on les sent bien, qui ne sont pas là, mais moi, j'ai parfois l'impression qu'ils sont cent millions qui ne sont pas là, et c'est l'angoisse, une telle quantité d'absence. J'en attrape des sueurs d'inexistence (...)"
"Je sais également qu'il existe des amours réciproques, mais je ne prétends pas au luxe. Quelqu'un à aimer, c'est de première nécessité."
Dans L'Angoisse du roi Salomon, Romain Gary nous embarque dans les réflexions de Jean, chauffeur de taxi qui se met au service d'un vieux monsieur angoissé par la mort: Salomon Rubinstein, ancien roi du prêt-a-porter. Il a 84 ans et emploie des jeunes gens pour répondre aux appels des désespérés et leur apporter du réconfort par la voix et par livraison de petites attentions.
"Je lui ai pris la main. Ce n'était pas personnel mais on ne peut pas prendre la main du monde entier."
" Quand on aime comme on respire, ils prennent tous ça pour une maladie respiratoire"
Dans La Vie devant soi, Romain Gary nous immerge dans les pensées du petit Momo, à peine 10 ans, pas vraiment gâté par la vie, mais à la sensibilité plus qu'attachante. Fils de pute recueilli par Mme Rosa, une très vieille juive ex-prostituée, les liens qui se tissent entre eux deux sont magnifiques. Entre rires et larmes !
"Quand elle marchait, c'était un déménagement"
"- C'est là que je viens me cacher quand j'ai peur. - Peur de quoi, Madame Rosa ? - C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur, Momo. Ça, j'ai jamais oublié, parce que c'est la chose la plus vraie que j'aie jamais entendue. "
" sommeil du juste... Je crois que c'est les injustes qui dorment le mieux, parce qu'ils s'en foutent, alors que les justes ne peuvent pas fermer l'oeil de la nui et se font du mauvais sang pour tout'
Dans Gros-Câlin, Romain gary glisse le lecteur dans la peau de Monsieur Cousin, modeste employé de bureau sans prétention, qui se sent bien seul dans une métropole comme Paris et qui trouve dans un python la compagnie que le monde citadin lui refuse. Remarquable ouvrage
"D'ailleurs, mon problème principal n'est pas tellement mon chez-moi mais mon chez-les-autres. La rue. (...) il y a dix millions d'usagés dans la région parisienne et on les sent bien, qui ne sont pas là, mais moi, j'ai parfois l'impression qu'ils sont cent millions qui ne sont pas là, et c'est l'angoisse, une telle quantité d'absence. J'en attrape des sueurs d'inexistence (...)"
"Je sais également qu'il existe des amours réciproques, mais je ne prétends pas au luxe. Quelqu'un à aimer, c'est de première nécessité."
Dans L'Angoisse du roi Salomon, Romain Gary nous embarque dans les réflexions de Jean, chauffeur de taxi qui se met au service d'un vieux monsieur angoissé par la mort: Salomon Rubinstein, ancien roi du prêt-a-porter. Il a 84 ans et emploie des jeunes gens pour répondre aux appels des désespérés et leur apporter du réconfort par la voix et par livraison de petites attentions.
"Je lui ai pris la main. Ce n'était pas personnel mais on ne peut pas prendre la main du monde entier."
" Quand on aime comme on respire, ils prennent tous ça pour une maladie respiratoire"
vendredi 20 juin 2008
hyper'marchés... super courus !

Dans le métro, alors que je lisais Direct Soir je tombe sur la nouvelle suivante: "En 2007, la France a dépassé les 8 millions de mètres carrés de surface de vente dans les hypermarchés". Alors laissons de côté les supermarchés, les supérettes, ainsi que tous les autres commerces de bouche type boulangeries, épiceries, etc. C'est bon, on fait ce petit effort, on laisse ça de côté, vous êtes bien aimables.
Bon alors il reste quoi? Il reste les hypermarchés. C'est-à-dire, les mamouths (justement) de la consommation. Le temple de la distribution de masse. Eh bien en France, dans ces 1.500 hypermarchés, la surface de vente représente 8 millions m2, donc: 8Km2 de bouffes pour nourrir toute la France. Imaginons un peu. C'est tellement énorme, qu'en virant les rayons de graillon et en calant bien 7 Français au mètre carré, on stocke toute la France (DOM TOM, Corse et Carla Bruni comprises).
D'où une question: comment caler 7 Français sur 1m2, et plus généralement, comment caler 7 êtres humains sur 1m2. Pour ce faire, il faut considérer un échantillon représentatif: y'a un bambin, un ado, un jeune adulte, trois vrais adultes et un veillard. Je préconiserais de caler le vioche en bas, bien à plat ventre, pour qu'il déstabilise pas les autres, et pour qu'il meure en silence (pour le bienfait de la CNAM et donc de nous tous ici présents). Ensuite moi je disposerais aux quatre coins les 3 adultes plus le jeune adulte. Et au milieu je mettrais le jeune ado rebelle en boule (pour avoir la paix), et je poserais dessus le bambino (qu'on aura pris soin de bâillonner pour éviter les pleurs insupportables). Ca aurait quand même de la tronche sur des km2 entiers...
Tout ça pour dire quoi? Oui car il y a un semblant de propos dans ce que j'écris. Tout n'est pas qu'une histoire de pyramide humaine. Tout ça pour dire que cette masse de bouffe, ces tonnes de vache, ces kilomètres de saucisses, ça fout les boules. Je crois que ça me fout autant les boules que mes prises de conscience énergétique en plein slaloms nocturnes post boîte de nuit au milieu des réacteurs nucléaires, à cheval sur mes barrages hydroliques...
Ma prise de conscience s'est achevée en sortant de ma rame de métro et alors que je me dirigeais vers la sortie. J'ai vu trois personnes fondre sur moi à grandes enjambées en jouant des coudes. Tout ça pour se glisser dans le train avant que les portes se ferment... Seules les deux plus sportives ont réussi à entrer. La troisième, plus lourdes a pris du retard dans les escaliers et a dû attendre la prochaine rame deux longues minutes (une éternité pour un parisien)... deux longues minutes passées à s'en vouloir: "ah, si seulement, je n'avais pas succombé à ce cornet vanille la dernière fois que j'ai fait mes courses!"
On ne peut pas avoir des km2 de graillon et prétendre attraper un métro au vol. Il faut faire un choix. A Paris il n'y a aucun hyper...
lundi 16 juin 2008
B/B/R et KW/H

Récidive dans le bar/boîte/resto (BBR) de la dernière fois... Le samedi soir et au mois de juin, nous étions tranquilles, les quelques enterrements de vie de jeune fille de la région permettaient de remplir un minimum l'espace. Principal fait marquant, au bout de la quatrième chanson consécutive de Claude François, nous hurlons notre désarrois au DJ (le verbe "parler" en boîte n'existe pas). Certes nous "fêtons" les vingt ans du dernier bain de Cloclo... Mais merde Belinda + Alexandrie + Cette année là + Le lundi au soleil = ça fait trop. Bref. Le DJ nous promet de passer du "contemporain". Ouf! Et là... Drame. Nous avons droit à une version accélérée et un chouilla plus rythmée d'Alexandrie, du même Cloclo.
Ainsi donc nous prîmes la tangente en direction de l'autre boîte.
M'enfin...
Je retiendrai une seule image. Le retour en voiture. "Exit Music for a film" de radiohead en fond sonore. Une départementale déserte. Et des lumières de part et d'autres de la chaussée: Les réacteurs de la centrale EDF à droite. Les diffuseurs d'enrichissement d'uranium à gauche. Des tours de refroidissement un peu plus loin. Le barrage EDF juste derrière. Et au milieu de tout ce barnum, eh bien, j'ai pris conscience de toute l'énergie qu'on consomme. Bien sûr la nuit les gens (normaux) dorment alors ils consomment que dalle, à part éventuellement le frigo pour garder la Heineken au frais et le magnétoscope pour enregistrer la rediff nocturne de Mireille Dumas. Bref pas de quoi fouetter un chat. M'enfin... tout ça pour dire que tous ces KiloWattHeures qui me sont passés dessus, l'idée des pingouins qui fondent sur la banquise qui fond... tout ça tout ça... Eh bien, j'ai culpabilisé d'avoir laissé éclairé la lumière de la terrasse...
vendredi 30 mai 2008
Ciné: "Un Conte de Noël" d'Arnaud Desplechin

J'avais vu L'Heure d'été, il y a quelques semaines, à l'occasion du printemps du cinéma (3eur., ouf!). Une famille d'aristo en grande angoisse parce que mamie crève et ça engendre une grande question: que faire de la grande baraque paumée au fin fond du 77 et remplie de meubles et de tableaux oh-qu'ils-sont-beaux-oh-qu'ils-sont-chers? Alors les 3 frangin(e)s se crêpent le chignon sur l'héritage et forcément tous ces souvenirs on va pas les vendre, oui mais nous on déménage à Pékin pour mon boulot alors forcément on a besoin de cash, oui mais toi tu nous emmerdes avec ton boulot, oui je t'aime, moi non plus, oui mais maman elle aurait aimé quoi?, et on fait quoi du vase? Oh toi ta gueule... Etc., etc. C'était gentil comme film (avec la binoche, hihi), mais honnêtement un peu... rien à cirer de voir ces gosses de riche étaler leurs petits problèmes à la noix.
Avec Un Conte de Noël, rien à voir. Certes, le thème est le même: Famille, transmission, relations humaines, questions métaphysiques. Mais c'est différent, ce film est charmant, voire superbe par moment. Peut-être parce que la mère ne crève pas dans le premier quart d'heure aussi. À titre personnel j'ai détesté certains personnages et adoré certains autres (le papi, il est génialissime). En tout cas, j'ai adoré les détester et les adorer. Le film est très riche. Très très riche. Extrêmement riche je dirais même. Parfois drôle. Et toujours juste. Et pourquoi ça? Parce que, chose rare ces temps-ci, les dialogues sont très bien écrits. Et y'a tout le reste. Notamment l'ambiance de Noël qui nous rappelle toujours quelque-chose et qui ressort brillamment sous l'habile réalisation de monsieur le réalisateur dont j'ai oublié le nom.
Pour conclure, et éviter de faire plus long que mon histoire de cheveux... C'est du naturalisme zolien contemporain, mâtiné d'un zeste de folie et d'une pincée d'audace, toujours dans la justesse et souvent dans l'émotion.
Je mets 4****.
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=126483.html
mardi 27 mai 2008
On coupe? Oui, mais on garde toute la longueur...
Mercredi. Il fait beau. On est à Paris. Tout va bien... Tout va bien? Non. Pourquoi? Oh ce n'est pas existentiel. Ce n'est pas l'essentiel. Et pourtant... Et pourtant c'est important. Ca touche à cette partie de soi que l'on a en soi et hors de soi. Ca touche à cette partie de soi qui prend racine à quelques centimètres de la conscience et de l'inconscience, parfois même de l'insouciance. Ca touche au sommet. Ca touche à ce qu'on a de plus haut... Bref, j'avais besoin d'aller chez le coiffeur.
Alors je vous vois d'ici... Oui, je vous vois d'ici. Quoi, tu vas pas nous faire un billet sur tes histoires capillaires... La terre tremble en Chine. La Birmanie ne compte plus ses morts. L'Afrique a faim. Le Groenland a chaud. Les subprimes vont mal. Jean-Pierre Foucault oriente les réponses à "Qui Veut gagner des Millions?". Oui... Oui j'aurais pu parler de tout ça. Mais à quoi bon. Méditez ce qui suit:
La mouche qui a voyagé su le Titanic ne savait pas nager et n'était ni une femme, ni un enfant (d'abord). Et pourtant elle a survécu. Pourquoi? Parce qu'elle savait voler. Alors volons dans les détails de ma vie de mouche, en quelques paragraphes, et: À la fin de l'envoi... je mouche!
Mes cheveux étaient trop longs. J'avais fini de me persuader du contraire. J'avais fini de me dire que non, que ça allait, que sous un certain angle, que dans le noir, que sous la pluie, qu'après la douche, qu'avec du gel... NON. Non, il me fallait l'accepter. Mes cheveux avaient atteint cette longueur critique au delà de laquelle on ne peut plus faire semblant. On ne peut plus lutter. Ou alors si. La situation peut perdurer, mais qui voudrait vivre en entendant une fois par demi-heure: "ton coiffeur est en prison", ou "tu veux qu'on se cotise?", ou "tu veux te faire des dreads, c'est pour ça"? Il fallait aller de l'avant, rassembler ses idées et se rendre le plus vite possible chez un coiffeur, puisque ce sont eux, dans nos civilisations occidentales post modernes à division horizontale du travail, qui sont en charge d'effectuer un transfert de masse capillaire depuis la tête des gens jusqu'à la balayette du stagiaire sous-payé qui mâche du Hollywood chewing gum 8h par jour sans RTT pause comprise.
Résumons ce qu'on a appris. Mes cheveux ont passé leur longueur critique. Je cherche un coiffeur.
Alors oui. Bien sûr il faut dire ici les arrières-pensées que nous avons tous à ce stade du récit. On ne choisit pas un coiffeur comme on choisit un liquide vaisselle. Le cheveu c'est quoi? Le cheveu, c'est la continuation de l'être, le prolongement vertical de l'âme, l'élévation de l'esprit. Alors bien sûr, d'aucuns s'offusquent... Le cheveu serait aussi une mode, un appendice de régulation thermique, un outil pour cacher les parties du visage qui nous complexent... Fi de tout ça. Le cheveu c'est le reflet de l'âme. Alors ça fait réfléchir. Que faire?
Oui que faire? Ce n'est pas naturel de chercher un coiffeur. Un coiffeur, soit on en a un qui nous satisfait et on se le garde. Soit on attend de se le faire recommander... Mais au grand jamais on ne se lance dans le grand marché du salon de coiffure. Sous aucun prétexte. Et pourtant... Et pourtant j'ai dû me lancer dans le grand marché. Pourquoi? Mais parce que MON coiffeur, il est dans un village à 700km au sud... Et que c'est maintenant qu'il faut couper. Plus le choix. Je me lance dans le grand marché du salon de coiffure... Et pas n'importe où s'il vous plaît. Je n'ose même pas continuer. Inspiration, expiration... Oui, je l'avoue, voilà, j'ai dû chercher un salon de coiffure dans le 4e arrondissement de Paris.
C'est dit.
Maudissez-moi autant que vous pouvez, vous avez raison.
Quand vous aurez fini de me maudire lisez la suite.
Le Marais accueille plus de salons de coiffure au mètre carré que la Seine reçoit de déchets un soir d'été. ils sont partout. Ils sont semblables. Y grouillent des garçons anorexiques qui gesticulent. Y raisonne à plein tube "Hung up" de Madonna. Y dorment à poing fermé sous leur permanente des mamies qui kiffent la vibes... C'est tout pareil. Allez faire le tri! M'enfin j'ai fini par trouver un salon dont je tairai le nom. Je vous épargne l'épisode de la prise de rendez-vous qui fut cocasse pour ne pas alourdir davantage (sous la clameur populaire, je ferai peut être un post scriptum).
J'ai compris que tromper mon coiffeur attitré serait une erreur au moment du lavage capillaire. Oui le lavage capillaire est à la coupe de cheveux ce que le préliminaire est à l'amour. J'étais habitué à ce que ça dure trois plombes. Et là... 2 grammes de shampooing étalés à la va-vite, trois claques sur le crane, un seau d'eau froide et ZOU, à la coupe. Belle entrée en matière... Alors la coupe. Oui c'est toujours un peu la même chose. C'est un peu la quadrature du siècle. Il y a ce que je veux. Il y a ce que le coiffeur veut. Il y a ce que mes cheveux peuvent. Et il y a ce que le coiffeur peut. Alors forcément, on n'obtient jamais ce qu'on veut, ni même ce qu'on pourrait, ni même ce que le coiffeur voudrait. On est réduit au plus petit dénominateur qui est: Ce que le coiffeur peut faire à un temps T, étant donné sa motivation du moment et sa technique de coupe. Alors, classiquement, je donnerais deux notes. Une note technique de... 4/10. Notons les 2 points perdus bêtement en 2 minutes quand il a connement fait tombé son peigne sur mes pompes. Et une note artistique de... 5/20. Bon, je n'ai pas la moyenne avec ces conneries... Heureusement il ne m'a pas assommé de réflexions personnelles sur la dernière Une de Gala, la vie sexuelle du pape ou l'engagement africain de Madonna. J'ai tout de même eu droit à un "c'est vrai qu'ils sont épais", puis, en guise de conclusion à un "on les veux plus court?". On ne voulait pas plus court, on voulait plus beau. C'était pas la lune. Mais c'était déjà trop demandé.
Alors on lui dit que tout va très bien Madame la Marquise. On n'était pas avec son coiffeur légitime, mais avec un illégitime... à quoi s'attendait-on? Alors on lâche la thune. On pousse la porte vitrée. On se demande pourquoi le gens nous regarde, ou nous regarde pas, dans les deux cas c'est suspect. Puis on se dit que ça repousse. On compte sur la myopie de ses congénères. On envisage chapeaux, bérets, casquettes, foulards. Et même perruques. On sait que ça repoussera. Et on se convainc que ça nous laisse le temps de prospecter...
Alors je vous vois d'ici... Oui, je vous vois d'ici. Quoi, tu vas pas nous faire un billet sur tes histoires capillaires... La terre tremble en Chine. La Birmanie ne compte plus ses morts. L'Afrique a faim. Le Groenland a chaud. Les subprimes vont mal. Jean-Pierre Foucault oriente les réponses à "Qui Veut gagner des Millions?". Oui... Oui j'aurais pu parler de tout ça. Mais à quoi bon. Méditez ce qui suit:
La mouche qui a voyagé su le Titanic ne savait pas nager et n'était ni une femme, ni un enfant (d'abord). Et pourtant elle a survécu. Pourquoi? Parce qu'elle savait voler. Alors volons dans les détails de ma vie de mouche, en quelques paragraphes, et: À la fin de l'envoi... je mouche!
Mes cheveux étaient trop longs. J'avais fini de me persuader du contraire. J'avais fini de me dire que non, que ça allait, que sous un certain angle, que dans le noir, que sous la pluie, qu'après la douche, qu'avec du gel... NON. Non, il me fallait l'accepter. Mes cheveux avaient atteint cette longueur critique au delà de laquelle on ne peut plus faire semblant. On ne peut plus lutter. Ou alors si. La situation peut perdurer, mais qui voudrait vivre en entendant une fois par demi-heure: "ton coiffeur est en prison", ou "tu veux qu'on se cotise?", ou "tu veux te faire des dreads, c'est pour ça"? Il fallait aller de l'avant, rassembler ses idées et se rendre le plus vite possible chez un coiffeur, puisque ce sont eux, dans nos civilisations occidentales post modernes à division horizontale du travail, qui sont en charge d'effectuer un transfert de masse capillaire depuis la tête des gens jusqu'à la balayette du stagiaire sous-payé qui mâche du Hollywood chewing gum 8h par jour sans RTT pause comprise.
Résumons ce qu'on a appris. Mes cheveux ont passé leur longueur critique. Je cherche un coiffeur.
Alors oui. Bien sûr il faut dire ici les arrières-pensées que nous avons tous à ce stade du récit. On ne choisit pas un coiffeur comme on choisit un liquide vaisselle. Le cheveu c'est quoi? Le cheveu, c'est la continuation de l'être, le prolongement vertical de l'âme, l'élévation de l'esprit. Alors bien sûr, d'aucuns s'offusquent... Le cheveu serait aussi une mode, un appendice de régulation thermique, un outil pour cacher les parties du visage qui nous complexent... Fi de tout ça. Le cheveu c'est le reflet de l'âme. Alors ça fait réfléchir. Que faire?
Oui que faire? Ce n'est pas naturel de chercher un coiffeur. Un coiffeur, soit on en a un qui nous satisfait et on se le garde. Soit on attend de se le faire recommander... Mais au grand jamais on ne se lance dans le grand marché du salon de coiffure. Sous aucun prétexte. Et pourtant... Et pourtant j'ai dû me lancer dans le grand marché. Pourquoi? Mais parce que MON coiffeur, il est dans un village à 700km au sud... Et que c'est maintenant qu'il faut couper. Plus le choix. Je me lance dans le grand marché du salon de coiffure... Et pas n'importe où s'il vous plaît. Je n'ose même pas continuer. Inspiration, expiration... Oui, je l'avoue, voilà, j'ai dû chercher un salon de coiffure dans le 4e arrondissement de Paris.
C'est dit.
Maudissez-moi autant que vous pouvez, vous avez raison.
Quand vous aurez fini de me maudire lisez la suite.
Le Marais accueille plus de salons de coiffure au mètre carré que la Seine reçoit de déchets un soir d'été. ils sont partout. Ils sont semblables. Y grouillent des garçons anorexiques qui gesticulent. Y raisonne à plein tube "Hung up" de Madonna. Y dorment à poing fermé sous leur permanente des mamies qui kiffent la vibes... C'est tout pareil. Allez faire le tri! M'enfin j'ai fini par trouver un salon dont je tairai le nom. Je vous épargne l'épisode de la prise de rendez-vous qui fut cocasse pour ne pas alourdir davantage (sous la clameur populaire, je ferai peut être un post scriptum).
J'ai compris que tromper mon coiffeur attitré serait une erreur au moment du lavage capillaire. Oui le lavage capillaire est à la coupe de cheveux ce que le préliminaire est à l'amour. J'étais habitué à ce que ça dure trois plombes. Et là... 2 grammes de shampooing étalés à la va-vite, trois claques sur le crane, un seau d'eau froide et ZOU, à la coupe. Belle entrée en matière... Alors la coupe. Oui c'est toujours un peu la même chose. C'est un peu la quadrature du siècle. Il y a ce que je veux. Il y a ce que le coiffeur veut. Il y a ce que mes cheveux peuvent. Et il y a ce que le coiffeur peut. Alors forcément, on n'obtient jamais ce qu'on veut, ni même ce qu'on pourrait, ni même ce que le coiffeur voudrait. On est réduit au plus petit dénominateur qui est: Ce que le coiffeur peut faire à un temps T, étant donné sa motivation du moment et sa technique de coupe. Alors, classiquement, je donnerais deux notes. Une note technique de... 4/10. Notons les 2 points perdus bêtement en 2 minutes quand il a connement fait tombé son peigne sur mes pompes. Et une note artistique de... 5/20. Bon, je n'ai pas la moyenne avec ces conneries... Heureusement il ne m'a pas assommé de réflexions personnelles sur la dernière Une de Gala, la vie sexuelle du pape ou l'engagement africain de Madonna. J'ai tout de même eu droit à un "c'est vrai qu'ils sont épais", puis, en guise de conclusion à un "on les veux plus court?". On ne voulait pas plus court, on voulait plus beau. C'était pas la lune. Mais c'était déjà trop demandé.
Alors on lui dit que tout va très bien Madame la Marquise. On n'était pas avec son coiffeur légitime, mais avec un illégitime... à quoi s'attendait-on? Alors on lâche la thune. On pousse la porte vitrée. On se demande pourquoi le gens nous regarde, ou nous regarde pas, dans les deux cas c'est suspect. Puis on se dit que ça repousse. On compte sur la myopie de ses congénères. On envisage chapeaux, bérets, casquettes, foulards. Et même perruques. On sait que ça repoussera. Et on se convainc que ça nous laisse le temps de prospecter...
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